Maison en bois : ancrage et détails d’assemblage

Comme tout édifice, la maison à ossature de bois est régie par des normes de construction. Celles-ci lui assurent une parfaite solidité et sont la garantie de la tenue globale de la maison.

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Ancrage au sol, les pieds sur terre

Certains, seraient encore réticents à construire en bois, doutant de la solidité de ce type de construction. Il est temps de tordre le cou à cette idée reçue !

Comme pour tout autre édifice, la maison en bois est posée sur une dalle : dalle de béton ou plancher de bois. Deux techniques, deux particularismes, un seul but : construire une maison en toute tranquillité.

Habituellement le poids de l'édifice assure en soi une première forme d'ancrage. Il n'est pourtant pas suffisant et il est consolidé grâce à des goujons (vis spécifiques). Directement scellés dans le béton, ceux-ci assurent une totale solidité à l'édifice. Une fois ces éléments intégrés, la maison commence à prendre forme.

Certaines règles à suivre :

  • L'implantation des fixations s'effectue au milieu de l'épaisseur du mur pour permettre une répartition des charges optimale, appelée « pleine dalle ».
  • Les chevilles situées sur des bords, ne pouvant pas être utilisées cette zone de « pleine dalle », ne supportent que de plus petites charges.
  • Attention aussi à la répartition des fixations. Elles ne doivent pas être trop proches pour ne pas solliciter les mêmes zones de compression de la dalle.

Du sol au plafond, les murs qui soutiennent

Les montants d'ossature sont ensuite assemblés. Ils sont fixés sur deux traverses : une basse et une haute. Ces pièces assurent, en plus de la rigidité de la structure, une liaison avec les éléments de toiture ou de sol.

Il en existe quatre types :

  • la lisse basse,
  • la traverse basse,
  • la traverse haute,
  • la lisse haute (ou de chainage).

Attention, les assemblages des montants d'ossature des murs doivent être croisés dans les angles, pour renforcer la rigidité et permettre l'accueil de plancher d'étage ou de comble. Les différences de niveau sont atténuées grâce à la lisse de chainage. La structure est également protégée des remontées capillaires grâce à une bande de capillarité placée sous la lisse basse.

Sur dalle de béton

La dalle de béton constitue une base d'accueil de la structure de construction. La mise en place de celle-ci doit répondre à des règles strictes de répartition des charges de soutènement. Ainsi fortifiés, les murs peuvent recevoir un bardage de tout type : bois, crépis sur armature métallique, revêtement plastique, éléments maçonnés.

Quelques règles à respecter :

  • Un film polyéthylène faisant barrière de capillarité doit être posé au sol. Il ne doit pas y avoir de rupture de ce film pour une parfaite étanchéité.
  • Le bardage extérieur doit être posé sur des contrelattes fixées sur les montants d'ossature, ce qui ménage un espace de ventilation. Ils doivent recouvrir le joint entre la semelle d'assise et la dalle béton.

Sur plancher en bois

Le plancher en bois repose soit :

  • sur un vide sanitaire,
  • sur des pilotis en béton ou en acier,
  • sur des longrines en béton filantes,
  • sur un vide laissé sous le plancher afin de permettre une bonne ventilation par une « hauteur de réservation » ou « vide sanitaire ». Le plancher ne repose pas directement sur le muret de soutènement mais sur une semelle d'assise. Sous celle-ci est apposée une barrière de capillarité. Primordiale, elle isolera les deux éléments. On peut ensuite associer à ce type d'ancrage toutes formes de poutraison.

Les règles impératives :

  • Les vides sanitaires doivent être correctement ventilés par des grilles disposées sur le pourtour de la construction.
  • La semelle d'assise doit être posée sur une barrière de capillarité. Il peut être nécessaire de compléter l'étanchéité par joints.
  • L'isolation du plancher se fixe sur un panneau. Lui même posé sur la membrure inférieure des poutres en "I" ou des tasseaux.

Liaisons, le ciment du bois

Sans elles, l'édifice ressemblerait à un château de cartes. Un coup de vent et il s'envolerait. Point d'orgue de la construction, les liaisons s'adaptent à chaque partie de la maison. Elles sont de 2 types : les liaisons intermédiaires et les liaisons de toiture.

Liaisons intermédiaires

Véritables liants entre mur et plancher, elles assurent une bonne rigidité de ces différents éléments. Les solives de chainage ont pour but d'accueillir poutres et corniche d'un bâtiment. Elles doivent reposer sur une lisse de chainage, pour la rigidifier.

La paroi supérieure est fixée sur la plate-forme composée des solives et des dalles de plancher. Afin d'assurer une parfaite liaison entre les parois haute et basse, on doit utiliser un panneau de même type que le contreventement. Le nouvel étage sera étanchéifié grâce à la pose de film pare-vapeur sur les plafonds de la zone basse.

Liaisons de toiture

Les liaisons avec la toiture sont extrêmement importantes. En effet, elles ont pour fonction d'assurer la parfaite tenue du mur et de la toiture. Il est primordial que la ventilation des soupentes soit assurée de manière satisfaisante pour respecter la salubrité de l'édifice. Un espace entre le bardage et la paroi extérieure doit être aménagé pour faire circuler l'air.

La toiture repose sur des chevrons qui permettent l'installation des tuiles. Pour les surmonter, préférez un écran rigide, qui sera un bon protecteur de « l'isolant » toiture. De plus cet écran protège efficacement du vent, de la poussière, de la neige et des ruissellements éventuels. Le pare-pluie doit chapeauter la lisse de chaînage pour lié le pare-vapeur intérieur et le bardage et assurer une parfaite continuité de la protection.

La résistance mécanique du bois et sa légèreté en font un matériau idéal pour les constructions sur des sols meubles. En outre, a solidité égale avec une construction en parpaing, une maison en bois offre un gain de superficie de 5 à 10 % par rapport à un bâtiment traditionnel, car l'isolation est intégrée à l'intérieur des murs de la construction.

Glossaire

Bardage :

Vêture de façade extérieure en bois, panneaux, ardoises etc.

Barrière de capillarité :

Bande étanche située entre différents éléments d'assemblage. Cette pièce permet de lutter contre l'humidité.

Chevron :

Pièce de charpente fixée sur les pannes de couverture et recevant les liteaux .

Contreventement :

Pièces de bois ou panneaux servant à assurer la stabilité d'un ouvrage.

Goujon :

Pièce métallique en forme de tige, en partie filetée, permettant de réaliser une liaison « complète, rigide, démontable » entre une pièce équipée dudit goujon et une ou plusieurs autres traversées par celui-ci et verrouillée par un écrou.

Lisse :

Pièce de bois continue placée en partie basse ou haute d'un mur d'ossature en bois.

Solive (ou corbeau) :

Pièce bois servant à recevoir les éléments du plancher.

Pare-pluie :

Matériau rigide ou le plus souvent souple placé côté extérieur d'un mur en ossature bois derrière le bardage et destiner à protéger le mur des éventuelles pénétrations d'eau.

Semelle d'assise :

Pièce de bois continue, ancrée sur une dalle béton, généralement de même section que la lisse basse d'une paroi.