La construction bois, c'est économique

"Construire en bois, c'est cher." Une idée reçue trop répandue, contre laquelle s'élève Robert Eriani, Directeur Commercial et Marketing de POBI.

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Bois.com L'idée qu'une maison bois est plus chère qu'une maison maçonnée ne provient elle pas du mode de calcul des coûts ?

Robert Eriani En partie. Lorsqu'on construit une maison, il faut distinguer deux types de coûts. Il y a bien sûr le coût de l'investissement, c'est-à-dire des coûts directs à court terme. Mais cette maison va être habitée, exploitée et amortie sur une durée 30, voire 35 ans. C'est pourquoi il est plus réaliste de raisonner sur une période de temps qui ne se limite pas à la réalisation, et d'ajouter au coût de construction un coût d'exploitation.

Bois.com Et sur le long terme, la construction bois est source d'économies ?

R.E. Ce n'est plus à démontrer ! L'ossature bois conforme aux exigences de performances et à la réglementation se caractérise par l'absence de ponts thermiques*, qui constituent 30% des déperditions d'une maison maçonnée. De nombreuses études ont prouvé que la maison bois, plus performante énergétiquement, permet des économies de chauffage substantielles. Résultat : dès qu'on raisonne sur le moyen et le long terme, la maison bois est plus économique.

La maison bois, plus performante énergétiquement, permet des économies de chauffage substantielles.

Bois.com Si on se cantonne au coût de construction, le bois demeure plus cher ?

R.E. Les choses ont beaucoup changé ces trente dernières années. En 1975, le surcoût d'une maison basique bois était de l'ordre de 10 à 15 % ; il n'était plus que de 7 à 10 % en 1994, et aujourd'hui, à respect équivalent de la réglementation thermique, le bois n'est pas plus cher que le parpaing.

Bois.com Comment expliquer cette compétitivité croissante du bois ?

R.E. Je vois trois facteurs principaux. Les professionnels, plus pointus dans la chaîne globale de production, sont de mieux en mieux formés. Les techniques ne cessent de progresser. Mais surtout, les filières d'approvisionnement s'organisent, permettant à un nombre croissant d'entreprises de se lancer dans la construction bois. Et puis, il ne faut pas oublier que les chantiers bois sont générateurs d'économies globales.

Bois.com Pour quelle raison ?

R.E. C'est avant tout une question de délais. Une maison bois peut être livrée en 4 à 5 mois, à comparer aux 10 mois que nécessite, en moyenne, une construction maçonnée. D'où des frais financiers réduits, des économies en termes de main d'œuvre, de production et d'encadrement, etc. On peut aussi citer, sur le chantier même, moins de transports et l'utilisation limitée d'engins lourds, coûteux pour le budget... et pour l'environnement.

Une maison bois peut être livrée en 4 à 5 mois, à comparer aux 10 mois que nécessite une construction maçonnée.

Bois.com L'avenir est donc à la construction bois ?

R.E. Il n'y a qu'en France qu'on en doute encore ! Dans de nombreux pays d'Europe, au Japon, en Amérique du Nord, c'est une évidence. Mais les choses évoluent culturellement, et je pense qu'en France la part de la maison bois va quasi-doubler d'ici 2010, pour passer de 7000 à 13 000 ou 14 000 unités. Et les futures réglementations vont jouer un grand rôle dans cette progression.

Bois.com Vous pensez à la nouvelle réglementation thermique, qui est entrée en vigueur en 2005 ?

R.E. Tout à fait. Les qualités isolantes naturelles du bois et sa capacité à recevoir une grande variété d'isolants en font le matériau idéal pour respecter ces nouvelles normes. Il y a aussi une carte à jouer aux niveau des fondations : pour une construction bois, elles peuvent être optimisées, adaptés et réduites de moitié en volume de béton, d'acier et d'eau, mais le cadre réglementaire reste encore à définir. Si on ajoute à cela le développement des points d'approvisionnement, partout en France, je peux vous assurer que la compétitivité du bois ne va cesser de progresser.