La toiture végétalisée complète idéalement les maisons à ossature bois

Encore confidentielles en France il y a quelques années, les toitures végétalisées fleurissent un peu partout au sommet des bâtiments publics et des maisons individuelles. Le point sur cette démarche environnementale avec Emmanuel Houssin, président de l’ADIVET.

Noter cet article :

12345

Bois.com Qu'est-ce qu'une toiture végétalisée ?

Emmanuel Houssin L'avantage des toitures végétalisées, ou végétales, est de permettre la pose de végétation sur des structures légères, construites avec des matériaux porteurs comme le bois ou l'acier. Il ne faut pas confondre ce système avec les « toitures jardin ».

Ces dernières sont uniquement mises en œuvre sur des bâtiments en béton armé, car elles nécessitent au minimum 30 cm de terre. Cela correspond à une charge de 600 kg au m², trop importante pour des constructions à structures légères.

adivet1

Le tapis végétal de cette toiture évolue en fonction des saisons, tantôt rougeoyant, tantôt verdoyant.

Bois.com De quoi sont constituées les toitures végétalisées ?

E.H. Directement sur le complexe d'étanchéité de la toiture est installé en protection de ce dernier, un système de végétalisation. Celui-ci est généralement constitué d'une couche drainante, filtrante et d'un substrat de culture de 4 à 15 cm d'épaisseur, dans lequel différents types de sedums vont se développer, voire aussi des graminées résistantes pour obtenir un aspect prairie. Les sedums sont des plantes succulentes, ou plantes grasses, qui ont la propriété de stocker l'eau dans leurs feuilles. Il existe plusieurs centaines de variétés sedums et ces plantes particulièrement rustiques demandent très peu d'entretien et d'eau.

En France, il est possible de réaliser une belle toiture végétalisée avec une dizaine de variétés. Chacune possède ses qualités propres, ses caractères de résistance, son horloge biologique … Ainsi, en fonction des années, une espèce peut très bien régresser ou redevenir très vigoureuse. C'est pour prendre en compte ces aléas de développement, qu'il est important de diversifier les variétés composant une toiture.

On peut installer ce type de toiture partout.

adivet3

Cette toiture végétalisée par rouleaux précultivés de différents sedums trouve toute sa place en pleine ville.

Bois.com Peut-on créer une toiture végétalisée dans n'importe quelle zone géographique ?

E.H. En France nous avons la chance d'avoir un climat très hétérogène entre le Nord et le Sud, en passant par les bords de mer et les montagnes. Mais pour simplifier, on peut différencier 3 zones principales : tempérée, méditerranéenne et montagnarde. Il suffit simplement d'adapter la végétalisation à la zone géographique. C'est le travail des concepteurs de systèmes de végétalisation de toiture.

Par exemple, dans le Sud, un soutien par un arrosage consommant très peu d'eau est à prévoir. En montagne, jusqu'à 2 000 m d'altitude, il est préférable d'installer des végétalisations de type prairie locale, sur un substrat épais de 15 cm au lieu de 5, ce type de végétation s'intégrant très bien dans le paysage. On peut donc installer ce type de toiture partout et sur n'importe quel bâtiment.

adivet2

Une toiture végétalisée qui s'intègre parfaitement dans le paysage environnant.

Bois.com Quels sont les avantages de ces toitures ?

E.H. Ils sont nombreux ! Tout d'abord, ces zones végétales amortissent les chocs thermiques, notamment liés à l'insolation. Sur une toiture en plein soleil, par exemple, la température peut monter jusqu'à 80°C. Le substrat et la végétation la font baisser de moitié ou presque. Cela est essentiel pour le confort intérieur, mais permet également de prolonger considérablement la durée de vie de la membrane d'étanchéité, en ralentissant très notablement son vieillissement.

Ensuite, les toitures végétalisées ont un double impact en zone urbaine. Elles contribuent tout d'abord à dépolluer l'air, en fixant les poussières et métaux lourds émanant des gaz d'échappement (sur les feuilles et les substrats). Et, par évapotranspiration, elles humidifient et rafraîchissent l'atmosphère. Elles empêchent ainsi l'échauffement thermique, encore appelé « l'effet îlot de chaleur » dû au réfléchissement des parois minérales qui concentrent et enferment la chaleur. Elles contribuent aussi à la sauvegarde de la biodiversité mais nous n'avons pas encore d'étude sur ce sujet.

Enfin, elles absorbent les eaux de pluie d'orages en freinant leur débit au niveau des bâtiments ce qui limite le risque de saturation des réseaux d'assainissement et donc des inondations.

Bois.com Ce système tend-il à se généraliser

E.H. La toiture végétalisée s'est beaucoup développée par le biais des collectivités locales et des décideurs publics. Ce qui a ensuite influencé de nombreux décideurs privés. Beaucoup de sociétés, (petites ou grandes) sautent le pas aujourd'hui.

Apporter quelque chose à l'environnement quand on bâtit devient presque naturel pour certains constructeurs. Végétaliser une toiture est un acte environnemental fort, pas uniquement esthétique. Il s'agit de compenser l'emprise du sol où l'on a construit par une présence végétale et ainsi apporter à la collectivité tous les bénéfices évoqués juste avant.

De même, de plus en plus de particuliers prévoient une toiture végétalisée dans leur demande de permis de construire. Par ce biais, ils en font directement la promotion.

Bois.com La construction en bois et la toiture végétalisée serait le mariage idéal ?

E.H. Il est certain que la toiture végétalisée trouve une complémentarité sur les maisons à ossature bois. Souhaiter construire en bois, c'est déjà affirmer que l'on a une fibre environnementale.

Aujourd'hui beaucoup de constructeurs de maisons individuelles en bois proposent une offre avec toiture végétalisée. Une démarche logique en somme.

Bois.com Quels membres regroupe l'association ADIVET ?

E.H. Le but de notre association est de regrouper des compétences très diverses entre le monde du végétal et le monde du bâtiment. Nous souhaiterions voir plus de maîtres d'ouvrage, de constructeurs et de syndicats adhérer à l'ADIVET pour développer le concept de toiture végétalisée dans leur propre secteur et notamment dans la filière bois, très engagée dans le Développement Durable.