Le bois, matériau des économies d'énergie

Bois et performances thermiques : l'exemple de Petit Bethény

En matière de performances thermiques, un grand nombre de facteurs entrent en jeu, et il est impossible d'avancer des chiffres universels. Des exemples précis démontrent cependant les qualités du bois, comme la cité jardin du petit Béthény, à Reims.

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Le choix du bois

Commencée en 2002, la construction de cette cité-jardin de 230 logements a été initiée par le Foyer Rémois. Les maisons sont à ossature bois (du sapin des Vosges), un choix qui répond à trois attentes : inscrire ce projet dans une démarche de Haute Qualité Environnementale, améliorer la qualité du chantier et bénéficier des excellentes performances énergétiques des constructions bois.

Ce projet a été accompagné par EDF et ELIOPE et réalisé par BCDE Architecture de Reims et le bureau d'études Synapse.

Des performances optimisées

Afin de déterminer précisément les facteurs entrant en jeu dans la diminution des besoins énergétiques, en matière de chauffage notamment, une étude thermique a été menée lors de la construction de la cité jardin.

"Le cabinet d'études thermiques Synapse a effectué des calculs préalables à la construction afin de préciser les prescriptions : épaisseur de l'isolant, optimisation des surfaces vitrées afin de bénéficier au maximum des apports solaires gratuits..., suivant les types de maisons et leur orientation." explique Anne Reychman, architecte (BCDE Architecture).

Suite à cette étude préalable, les habitations de cette cité (toutes différentes quant à leur taille et à leur distribution intérieure) ont pour points communs :

  • une ossature en bois avec 120 mm de laine de verre,
  • l'absence de ponts thermiques,
  • une forme compacte, impliquant des besoins énergétiques faibles.

Des résultats prouvés

Après la construction, un suivi a été effectué par EDF, pendant plus d'un an. Une vérification des dépenses effectives de chauffage sur factures a permis une comparaison par rapport aux dépenses moyennes et habituelles dans des maisons de tailles similaires. Ce bilan énergétique a révélé une consommation de chauffage inférieure de 40 % par rapport à l'installation de référence (voir ci-dessous).

"Les 40 % peuvent être considérés comme une moyenne, car le comportement des habitants peut être variable :  il dépend de l'âge, des sensations, du nombre de jours d'occupation des locaux, etc.", précise Anne Reychman.

Au-delà de ses avantages esthétiques et environnementaux, la construction bois offre donc des performances thermiques exceptionnelles. Une raison supplémentaire de faire le choix du bois.

La démarche HQE

La démarche Haute Qualité Environnementale n'est ni un label, ni une norme. C'est une marque déposée par l'association HQE. Elle s'inscrit dans un projet en faveur du développement durable à toutes les étapes de la vie de la construction : conception, réalisation, utilisation, maintenance, adaptation et déconstruction.

Philippe Romanoze Bureau d'études Synapse

Quelles sont les économies d'énergie réalisées dans la cité jardin du petit Béthény ?

La réduction des besoins de chauffage entraîne une économie de 40 à 55 % en fonction de l'équipement de chauffage mis en œuvre.

Cela a-t-il une influence sur les émissions de CO2 ?

Oui, une maison traditionnelle conforme à la RT 2000* produit environ 19 kg de CO2 par m² par an avec un chauffage électrique, et 45 kg avec un chauffage au gaz.

La même maison à ossature bois permet un gain d'environ 1  kg de CO2 par m² par an avec un chauffage électrique et d'environ 20 kg avec un chauffage au gaz. Pour une maison de 100 m², ce sont ainsi 60 tonnes de CO2 en moins, sur 30 ans.

Qu'est ce que l'installation de référence ?

L'installation de référence est une maison suivant strictement les exigences de la réglementation en matière d'isolement et d'équipement. Ces normes sont régulièrement réévaluées. La réglementation actuelle, RT 2005, est applicable depuis le 1er septembre 2006.

Prochainement, la réglementation de référence sera la RT 2012. Elle a été publiée le 27 octobre 2010, avec application le 28 octobre 2011 pour les bâtiments publics, les bâtiments tertiaires et les bâtiments en zone ANRU. La généralisation aux autres bâtiments neufs aura lieu le 1er janvier 2013.

Par rapport à la RT 2005, la RT 2012 permet une consommation globale d'énergie - chauffage par énergie fossile et chauffage électrique - réduite d'un facteur de 2 à 4 (en fonction de la localisation géographique, de l'altitude, de sa surface pour les logements, etc.).

Elle stipule notamment que la consommation d'énergie primaire devra être inférieure à 50kWh/m2/an.