Le réchauffement climatique est une réalité brûlante

Avec un réchauffement prévu d'ici 2100 de 1,8 à 4°C, peut-on envisager un jour des essences exotiques coloniser la capitale ? Des palmiers aux pieds de la Tour Eiffel ?

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Bois.com La modification de la carte des essences est-elle déjà visible dans nos forêts françaises ?

Jean-Marie Barbier Non, les modifications sont plutôt visibles sur les forêts qui souffrent, c'est-à-dire dans les régions menacées et subissant des dépérissements. L'épisode de sécheresse de 2003, par exemple, a fragilisé certaines essences comme le hêtre, le chêne pédonculé ou l'épicéa.

Bois.com Le réchauffement climatique est-il, seul, responsable des changements prévisibles de la carte forestière française ?

J-M.B. On ne peut pas dire cela. Les effets de sécheresse et de déficit hydrique sont des phénomènes aggravants. Mais l'arbre réagit sur le long terme. Les dépérissements liés à la sécheresse de 2003 ne font qu'alourdir les pertes d'épisodes précédents. Le patrimoine souffre encore des effets de la tempête de 1999. Outre les pertes exceptionnelles, de nombreux arbres ont été abîmés, leurs systèmes racinaires arrachés, réduisant considérablement leur vitalité.

Côté pollution, on parlait un temps de pluies acides, je pense que cela n'a rien à voir, sauf zones exceptionnelles, mais que, en revanche, les épisodes de 1976, 1999 et 2003 ont eu, quant à eux, de réels impacts.

La sécheresse et de déficit hydrique sont des phénomènes aggravants. Mais l'arbre réagit sur le long terme.

Bois.com Quels sont les impacts du réchauffement climatique sur la gestion des forêts ?

J-M.B. On peut toujours faire des projections, mais cela reste de la fiction. Cependant se pose réellement la question des plantations d'aujourd'hui, qui seront mûres dans 100 ans, époque qui subira le réchauffement climatique de plein fouet

Pour le moment, on recherche les meilleures solutions à court, moyen et long terme. C'est pourquoi nous débattons sur des sujets comme la futaie régulière, dont le principe de régénération naturelle n'est à priori plus en phase avec la situation actuelle, et qui d'ici 50 à 100 ans va changer encore considérablement. Il faut se poser la question de la dynamique de la sylviculture.

Doit-ton cultiver du sapin ou du douglas ? A long ou court terme ? Le douglas à 40 ans nous permettra de "passer à travers les gouttes", autant pour des raisons économiques que climatiques. Malheureusement, on ne pourra peut être pas en dire autant avec des récoltes à 80-100 ans qui risquent de connaître des périodes de mortalité.

C'est pour toutes ces raisons que je préconise des plantations à croissance rapide afin que l'on puisse les mener à bien et que les récoltes soit commercialisables.