Les systèmes de certification

La gestion responsable des forêts : une question d'avenir

Ces dernières années, des États-Unis jusqu'en Europe, les professionnels ont pris conscience de l'importance d'assurer la pérennité de la forêt. Jusqu'à définir des labels le signifiant clairement.

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L'idée de créer un système international permettant d'identifier les forêts gérées durablement naît aux États-Unis au début des années 90, sous l'impulsion d'organisations de protection de l'environnement : WWF, Greenpeace et Amis de la Terre. Baptisé FSC (Forest Stewardship Council), ce système se développe principalement en Amérique du Nord et dans certains pays d'Europe.

En juillet 2011, le FSC compteplus de 143 millions d'hectares de forêts certifiées, et ce dans 79 pays. Mais le système FSC se révèle mal adapté aux réalités des forêts européennes qui se particularisent par un fort morcellement et une large prédominance de la forêt privée.

Le consommateur fait souvent l'amalgame entre production bois et déforestation des forêts tropicales en Amazonie.

C'est pourquoi, en 1998, des propriétaires forestiers de six pays européens mettent au point la certification PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières, anciennement Programme Européen des Forêts Certifiées).

Elle a été adoptée bien au-delà des frontières européennes et c'est aujourd'hui la certification la plus répandue : en 2011, elle couvre 234 millions d'hectares de par le monde, soit près de 10% des forêts exploitées

De nombreux pays européens utilisent uniquement le système PEFC : la France, mais aussi la Finlande et la Norvège. D'autres pays (comme la Suède ou l'Allemagne) ont également adopté les deux  certifications, PEFC et FSC.

Un système adapté aux spécificités européennes

Dans une logique de développement durable, la certification PEFC a pour objectif de concilier environnement et réalités économique et sociale. Dans un contexte où le consommateur fait souvent l'amalgame entre production bois et déforestation des forêts tropicales en Amazonie, la forêt européenne devait se démarquer.

Il était important de rassurer le public sur la pérennité de la forêt en lui garantissant que son exploitation n'avait en rien détruit l'environnement (la forêt progresse en France comme en Europe).

Entre les pinèdes méditerranéennes et les vastes étendues de conifères scandinaves, les visages de la forêt européenne sont multiples. Pour respecter ces spécificités, ce sont les associations régionales PEFC (une quinzaine en France sur l'ensemble du territoire) qui établissent les cahiers des charges que doivent suivre les producteurs de bois.

9 % des forêts exploitées dans le monde bénéficient de la certification PEFC.

Aujourd'hui, sous la pression de la société en matière d'environnement, les pouvoirs publics ont introduit une nouvelle règle dans le code des marchés publics. Ainsi les collectivités locales et les administrations de l'état sont obligées d'exiger du bois certifié lors des appels d'offres publics.

Le texte paru au Journal Officiel précise que "cette part devra être, en 2007, d'au moins 50 % des achats de bois. L'objectif visé pour 2010 est que la totalité des achats publics de produits à base de bois réponde à cette exigence". L'Etat s'est aussi engagé à n'utiliser que du papier recyclé ou provenant de forêts gérées de manière durable à compter de 2012.

Résultat : "La certification PEFC nous est de plus en plus demandée, même pour le bois énergie", confirme Gilles Guespéreau, responsable de la forêt privée en Bourgogne.

Ainsi la certification est aujourd'hui devenue le passeport quasi obligatoire pour vendre le bois sur le marché international. Face à la concurrence de multinationales qui possèdent dans certains pays des centaines de milliers d'hectares, la forêt française qui est extrêmement morcelée avait besoin d'un système de certification qui permette aux petits producteurs de rester dans la compétition.

"Le PEFC est le seul système adapté à nos forêts. Quelle que soit la taille de l'exploitation, il permet à tous les propriétaires de s'engager dans une démarche collective", explique encore Gilles Guespéreau.

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