Accueil > Aménager > Revêtement extérieur > Le bois, alliance idéale de l'esthétique et de l'isolation
L'isolation de sa maison ne représente pas un simple détail. Beaucoup de questions se posent en la matière : quelles précautions doit-on prendre ? Quels matériaux utiliser ? Comment mettre en oeuvre l'isolation ? Erik Blin revient sur sa propre expérience de ces travaux.
Erik Blin Cette demeure, située en bordure
du littoral breton, est une résidence secondaire
datant des années 50. La façade avait besoin d'un
ravalement à cause des nombreuses fissures qui la
lézardaient. L'hiver nous souffrions de l'humidité
et de la moisissure. Grâce à l'utilisation d'un
hygromètre à pointes, j'ai mis en évidence des
zones où le taux d'humidité allait jusqu'à 60 %.
Or il ne doit pas dépasser les 20 % pour
qu'un environnement puisse être considéré comme sain.
En outre, je désirais améliorer l'esthétique
extérieure, car les moellons de granit n'ont pas beaucoup
de charme à mes yeux. Toutes ces imperfections impliquaient
d'entreprendre des travaux de rénovation. Une
fois les travaux terminés, finis les champignons sur les murs et
les canapés. Nous ne ressentons plus l'effet « parois froides », de
courant d'air ou encore d'humidité et de
froid.

Cette maison située en bord de mer subit constamment les effets de l'humidité.
E.B. Avant de procéder à
l'isolation, on doit s'assurer d'avoir une maison
parfaitement saine. Dans le cas contraire, il faut
réaliser des travaux préliminaires pour
éliminer toutes les sources de
pathologies. J'ai donc commencé par nettoyer les murs qui
avaient subi les attaques du temps et de l'air littoral breton.
Ensuite, il a fallu créer un drain périphérique
pour contrer les effets des remontées humides par
capillarité. C'est-à-dire que l'eau remonte du sol
dans les murs, un peu à la manière d'un sucre plongé dans une tasse
de café. Le drain consiste en un fossé creusé tout
autour de la maison jusqu'aux fondations. On
l'équipe d'un tuyau percé qui va évacuer
l'humidité dans un filtre composé de plusieurs couches de minéraux
de différentes tailles.
La toiture a ensuite été réparée, supprimant ainsi les fuites. La
pose d'un pare-vapeur en complément, évite
désormais la condensation produite par l'activité
des habitants.
Pour finir, j'ai installé deux ventilations mécaniques
contrôlées (VMC) hydro réglables. Ces appareils
renouvellent l'air ambiant et évacuent la vapeur d'eau.
Nous ne ressentons plus l'effet « parois froides », de courant d'air ou encore d'humidité et de froid

L'isolation du pignon réduit considérablement les risques de pénétration de l'humidité à l'intérieur de la maison.
E.B. Dans ce domaine, il n'y a pas de bonne
ou de mauvaise solution. L'important est de s'adapter afin
d'obtenir le meilleur confort thermique possible,
et de faire des économies d'énergie. Autre point
fondamental, traiter la qualité de l'enveloppe de la maison afin de
la rendre étanche à l'eau et à l'air. Dans mon
cas, chaque partie de la maison bénéficie de son propre type
d'isolation. Le sol est isolé par l'intérieur avec du
polystyrène extrudé de 6 cm d'épaisseur. Nous
avons ensuite posé une chape sèche par dessus.
Cette solution nous a permis de passer d'une résistance
thermique d'environ 0,6 à plus de 2,5.
Cette valeur permet de connaître les performances
du matériau choisi. Autrement dit, plus elle est
élevée, moins on gaspillera
d'énergie. De plus, la réglementation thermique pour les
bâtiments existants préconise une résistance d'au
moins 2, 3 pour les sols.
Pour les murs nous avons opté pour une isolation par l'extérieur,
avec du polystyrène extrudé de 7 cm d'épaisseur.
Cette solution nous a évité de perdre de précieux centimètres en
surface habitable. Deux couches de polystyrène extrudé isolent les
parois tout en évitant les ponts thermiques, un
peu à la manière d'une glacière. La première se loge entre les
chevrons, et la seconde par dessus.

La façade est réaménagée, de façon à améliorer la qualité de l'enveloppe de la maison.
E.B. Non, il a fallu s'attacher à la
finition de quelques détails avant de pouvoir attaquer le côté
esthétique de la façade. L'isolation par
l'extérieur implique l'élargissement du mur. Par
conséquent, il a fallu rallonger la toiture de 17 cm, d'où la
création de nouvelles zones sensibles à traiter. Isoler, signifie
créer une carapace continue, aucune faille ne doit
apparaître dans la protection. Je me suis donc concentré sur les
parties susceptibles d'engendrer des ponts thermiques comme la
souche de cheminée, ou les
arêtiers.
Autre source de déperdition de chaleur : les
encadrements de portes et de fenêtres modifiés par cet
élargissement de la paroi. A cet endroit, il faut éviter d'utiliser
un matériau trop épais, susceptible de bloquer les rayons du
soleil. Dans mon cas des capotages en aluminium de
1,5 mm servent d'encadrement, et recouvrent une isolation d'environ
4 cm, soit le compromis efficacité
thermique/épaisseur idéal pour cette maison. Les travaux
terminés, la maison sèche littéralement devant nos yeux, un peu à
la manière d'une éponge. La peinture se craquelle au fur et à
mesure de l'évacuation de l'humidité. Au bout d'environ huit mois à
un an, la maison a enfin retrouvé son inertie. A l'origine, nous
subissions une température d'environ 8°C l'hiver,
aujourd'hui, nous jouissons de 17°C à la même
période. Les odeurs d'humidité et de
moisissure ont disparu. En outre, le
temps de chauffage de la maison est considérablement raccourci. Les
bénéfices sont bien réels !

La demeure nécessite moins de temps de chauffage, et bénéficie de réels avantages esthétiques.
E.B. À l'origine, je ne trouvais pas cette maison de pêcheur des années 50 vraiment belle. Mais, sa situation à proximité immédiate du bord de mer lui apporte le charme manquant. Pour que le tableau soit parfait, il me fallait une touche spéciale et le bois me paraissait idéal. Mon voisinage manifestait des réserves. Mais une fois posé, le bois nous a tous conquis ! Grâce à un bardage en épicéa laqué blanc, les lames étant posées à l'horizontal, l'esthétique architecturale environnante n'est pas remise en cause. Pour moi, l'apparence du bois apporte une beauté et un réel plaisir des yeux. Il métamorphose ma maison. Autre avantage de ce matériau, ses capacités techniques de résistance au feu et à l'eau, ainsi que sa résistance thermique. Des qualités indispensables d'une part pour la protection de sa famille, et d'autre part quand on vit au bord de la mer. Le bois est l'alliance idéale de l'esthétique et de l'isolation.
une fois posé, le bois nous a tous conquis !

Les finitions en bois, un condensé d'esthétisme et d'efficacité.
E.B. L'isolation constitue une réelle préoccupation dans l'habitat d'aujourd'hui. Je l'ai constaté durant mon chantier, car de nombreuses personnes m'ont questionné. Le premier conseil que je pourrais donner est de ne pas avoir une vision parcellaire de l'isolation, il faut l'envisager de façon globale. Ainsi, on doit considérer la maison dans son ensemble, pour que l'isolation soit continue et efficace partout. Pour cela avoir recours à un bureau d'étude thermique me semble la meilleure solution. Il commencera par faire un véritable diagnostic, puis il gèrera le chantier aussi bien au niveau du planning que des dépenses. Pour réaliser les travaux, il faut rechercher une entreprise qui dispose d'une bonne expertise thermique, et qui ne soit pas seulement le représentant d'une marque. Là encore, le bureau d'étude peut être d'un grand secours car il dispose en général d'un carnet d'adresse de professionnels compétents. Afin de se faire une idée sur les qualités de l'entreprise on n'hésitera pas à poser des questions en amont. Le professionnel ne peut pas se contenter de faire un devis chiffré, il doit pouvoir fournir toutes les explications concernant le déroulement des travaux à venir.

Une fois achevés, les travaux nous dévoilent le charme et la beauté d'une maison rénovée et résistante à l'humidité.

Erik Blin, architecte et cadre en Marketing
Ce bricoleur de talent n'a pas pour seule occupation de rénover des résidences secondaires, il est à l'origine architecte DESA (diplômé de l'école spéciale d'architecture). Il a exercé cette profession pendant 7 ans, en grande partie en Arabie Saoudite où il a créé des complexes luxueux. Il a ensuite changé d'orientation pour se tourner vers le marketing, toujours dans le domaine de la construction. Il a exercé bon nombre de professions (chargé d'étude, chef de produit...) dans plusieurs entreprises. Erik Blin travaille aujourd'hui en tant que cadre en marketing dans une grande entreprise spécialisée dans le domaine de l'isolation.
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