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En 1991, l'architecte Philippe Bourillet et son épouse font l'acquisition d'un petit pavillon de banlieue sans style. Aujourd'hui, réaménagée de fond en comble, agrandie, cette maison lumineuse semble se jouer des lois de la pesanteur.
La construction d'origine, en briques, date des années 1930. Sur 64 m², elle disposait d'un rez-de-chaussée surélevé (la zone est inondable), de combles non aménagés et d'un sous-sol en terre battue.


Formé au CNAM (section Travaux Publics), il est aujourd'hui architecte DPLG, membre du syndicat des architectes du Val d'Oise et gérant de la SARL "Bourillet et Associés" à la fois.
Pour aboutir aux 144 m² actuels, trois phases de travaux ont été nécessaires :
De dimensions modestes (16 m²), l'extension donne pourtant une impression d'espace. Ouverte sur le jardin, elle abrite la salle à manger, qui se poursuit, sans rupture, dans le bâtiment existant.

Le plan de la maison
L'ossature de ce cube est extrêmement simple, composée de madriers en sapin du nord. Ceux-ci servent à la fois de support à la toiture en zinc et de montants pour les vitrages.
Les baies présentent toutes les mêmes dimensions : 1 mètre par 2. Les vitres, fixes, s'appuient sur des cales le long de la tranche des madriers et sont simplement fixées par une parclose. Le vitrage est à l'intérieur de la construction.
Les madriers portent également les volets en niangon qui recouvrent l'ensemble de l'extension. L'orientation des lames laisse passer la lumière hivernale, rasante. En revanche, elle empêche les rayons chauds de l'été de rentrer dans la maison.

A cheval entre l'extension et le bâtiment existant, la salle à manger assure le lien entre le jardin et l'arrière de la maison.

Escamotables, les volets se replient par le milieu grâce à un système de poulies et de contre-poids.

Initialement, chaque pièce était mono-orientée. Objectif de la première phase des travaux : faire en sorte que chaque zone de la maison soit éclairée par plusieurs sources.
Je désirais quelque chose qui soit compatible avec l'existant, sans pour autant être en mimétisme. Et puis l'extension se voulait une liaison entre le jardin et le bâtiment en dur. Le bois s'est imposé naturellement, comme le matériau le plus adapté.
Non, le système des volets compensés est bien connu. Pourtant la mise en oeuvre a été un peu expérimentale. Nous avons déterminé le contre-poids à l'aide d'un seau de cailloux. Je n'aurai pas fait ça pour un client. Jusqu'à la dernière minute, j'ai douté que cela convienne à une utilisation quotidienne !
Elle permet de faire rentrer la lumière très profondément dans la maison.
L'extension est triplement orientée, au nord, à l'est et au sud. Le matin, la lumière de l'est atteint les pièces semi-enterrées en contrebas.
En outre, si jamais les volets laissent entrer un peu de chaleur, celle-ci monte naturellement, s'accumule sous le plafond où deux châssis en contreplaqué permettent de l'évacuer.
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