Professionnels > Décideurs > Interviews > L’Ecomusée de la Grande Lande
Vaste espace de presque 3 000 m2, le pavillon des Landes de Gascogne est né de la volonté du Parc Naturel Régional, maître de l’ouvrage, d’étendre et d’aménager l’Écomusée existant. L’endroit met en valeur les collections tout en s’ouvrant à des expositions temporaires. Parfaitement intégré à l’environnement et pourtant monumental, le bâtiment privilégie l’usage du pin maritime, matériau traditionnel emblématique de la forêt landaise. Bruno Mader en est l’architecte.
Bruno Mader Le maître d'ouvrage souhaitait construire un nouveau bâtiment qui puisse loger à la fois les réserves de l'Ecomusée, des locaux pédagogiques, mais aussi un auditorium et des salles d'exposition pour accueillir des manifestations temporaires.

L'écomusée permet d'accueillir des manifestations dans un cadre idéal et respectueux de l'environnement.
Un projet contextuel et environnemental.
B.M. L'envie de faire un projet contextuel et environnemental m'a naturellement conduit vers la première ressource locale, le pin maritime. Il est utilisé sous des formes multiples dans le bâtiment : pour les structures (lamellé-collé), les panneaux de fermeture du toit et des façades (OSB), les parements intérieurs (CTBH), mais aussi pour les façades et la sur-toiture (lames en pin rétifié). Le principe structurel retenu consiste en des portiques parallèles en lamellé-collé sur une trame répétitive de 120 cm. Allié à l'homogénéité de traitement façades/toitures, il donne son expression sculpturale au bâtiment.

Ressource locale, le pin maritime a joué un grand rôle dans la construction de l'écomusée.
B.M. Le projet met à profit une autre ressource locale, la nappe phréatique. La climatisation était imposée pour les salles d'exposition, de façon à garantir un degré d'hygrométrie adéquat pour la préservation des collections (normes Musées de France). Une thermo-frigo-pompe (pompe à chaleur) utilise la température de l'eau, en permanence à 14°C, pour assurer le chauffage ou le rafraîchissement de l'air. Ce procédé est non seulement économique, mais il limite l'impact sur l'environnement.

L'écomusée est un exemple d'intégration dans l'environnement naturel.
B.M. Les eaux de toiture sont recueillies et acheminées vers une tourbière. Outre sa contribution à l'infiltration et à l'évaporation des eaux pluviales, cette zone humide participe à la biodiversité et permet de sensibiliser le public du Musée à ces sujets. La perméabilité des sols des abords favorise le retour de l'eau de pluie vers la nappe phréatique.

La récupération des eaux de pluie fait également parti des avantages écologiques dont l'écomusée dispose.
B.M. J'ai aimé travailler sur ce programme car je connais depuis longtemps les Landes, la forêt et l'habitat traditionnel de la région : ces hangars en planches noircies... Ces architectures de bois m'intéressent et m'inspirent.
Découvrez notre dossier thématique sur les qualités esthétiques du lamellé-collé en structure.

Bruno Mader, Architecte
Diplômé en 1983 de l'école d'architecture de Paris Belleville, Bruno Mader a très tôt côtoyé le monde des paysagistes. Sa démarche architecturale s’est nourrie de cette culture. Il la met aujourd’hui en œuvre pour des programmes variés : urbains, périurbains, ou naturels tels que la Cité du bois à Mimizan pour lequel il a été lauréat niveau avant-projet.
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