Bois et feu

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6 Oct 2011 - 
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Nous sommes au FCBA de Bordeaux, un organisme mixte public privé chargé d'établir différents types de certifications pour les matériaux à base de bois.

Plusieurs secteurs sont concernés : isolation acoustique, thermique, mais aussi protection face à l'incendie.

Jean-Baptiste AUREL est spécialiste en ignifugation des bois et vient aujourd'hui pour tester les réactions au feu d'un nouveau produit.

Jean-Baptiste Aurel : Aujourd'hui on était là pour accompagner un de nos clients qui nous a demandé d'ignifuger ses matériaux et le but du jeu était d'obtenir un classement satisfaisant vis-à-vis de la réglementation incendie, afin de permettre à sa gamme de produits d'être distribuée sur le marché.

Mais revenons un peu en arrière et écoutons Véronique GEORGES, responsable du pôle feu, qui nous explique le test qu'a dû subir un matériau avant d'obtenir sa certification.

Véronique Georges : L'éprouvette qui va être testée va être positionnée sur ce chariot de l'appareillage, l'éprouvette étant constituée d'une grande aile, qui est positionnée verticalement et d'une petite aile orientée à 90 degrés par rapport à la grande aile, dans l'angle du brûleur, le brûleur étant constitué d'un nid de gravier à travers lequel on diffuse du propane pour permettre d'alimenter la flamme durant le test.

C'est dans ce dispositif nommé éprouvette que l'on va tester aujourd'hui un échantillon de deux panneaux de bois Okoumé contreplaqué ignifugé en autoclave, c'est-à-dire déjà traité afin de limiter son inflammabilité.

Les panneaux sont positionnés en angle droit de manière à pouvoir simuler le départ d'un feu de canapé dans une pièce en contreplaqué.

Véronique Georges : Donc voilà, là le test démarre, et là c'est parti pendant vingt et une minutes d'exposition.

Jean-Marie Gaillard est expert feu au FCBA.

Jean-Marie Gaillard : Donc cet essai de réaction au feu est normalisé et est réalisé dans tous les pays de la communauté européenne.

Et pendant cet essai, on analyse en fait, la quantité, je dirais, de CO2 émise par l'éprouvette, la diminution d'oxygène qui est dans l'air du corps du foyer, si je peux m'exprimer ainsi, et l'opacité du corps des fumées émises par cette éprouvette.

Donc ces trois grands critères nous permettent de déterminer quel est le nombre de calories que va apporter l'éprouvette et la vitesse à laquelle les calories ont été apportées, et la quantité également de fumée, en vitesse et en quantité totale.

Le client reçoit un rapport d'essai, un rapport de classement, où on lui donne son comportement, par exemple Euroclasse C, un indice S pour la partie fumée, donc il a vraiment deux grandes lettres, soit A, B, C, D, pour la partie énergétique, et la partie fumigène, il a un classement S1, S2, S3, S1 étant le meilleur.

L'application de ces méthodes d'analyse pointue dans le secteur de la fabrication de matériaux a permis de briser beaucoup d'idées reçues.

Exemple parlant : le bois transmet la chaleur 12 fois moins vite que le béton, 250 fois moins vite que l'acier et 1 500 fois moins vite que l'aluminium.

Jean-Baptiste Aurel : Le bois brûle très bien. En revanche il a une très bonne résistance au feu, c'est-à-dire qu'il aura une capacité à résister à une charge en cas d'incendie et on peut également lui donner une très bonne réaction au feu, c'est-à-dire il va s'enflammer difficilement ou très difficilement, et ce grâce à des méthodes d'ignifugation.

Du coup, ce n'est absolument pas un frein pour mettre des matériaux bois dans... dans des bâtiments qui reçoivent du public, et ça satisfait parfaitement la réglementation incendie.

Les tests ont été concluants et particulièrement satisfaisants sur les petites épaisseurs, qui sont les plus dures à ignifuger, parce que plus le matériau est fin, plus il a une capacité à s'enflammer et à accumuler peu de calories, donc à brûler, et là on a eu d'excellents résultats, oui, sur les contreplaqués de 10 millimètres.

Merci à Jean-Baptiste Aurel, Véronique Georges et Jean-Marie Gaillard pour leur participation. Réalisation, journaliste, montage et mixage : Antonin Molino. Image et son : Eden Lagaly-Faynot. Enquête : Valérie Rosier. Producteur : Fabrice Papillon. Production exécutive : Scientifilms.

Bois et feu

Pour allumer un feu de cheminée ou un barbecue, on utilise généralement du bois. Pourtant, en dépit des idées reçues, le bois a une très faible conductivité thermique et offre une résistance exceptionnelle en cas d’incendie. En effet, le bois transmet la chaleur 12 fois moins vite que le béton, 250 fois moins vite que l’acier et 1 500 fois moins vite que l’aluminium ! Jean-Baptiste Aurel se rend aujourd’hui au laboratoire du FCBA de Bordeaux pour faire tester la résistance au feu de l’un de ses produits.

Fiche technique

  • Reportage : septembre 2011
  • Lieu : Bordeaux (Gironde)
  • Avec : Jean-Baptiste Aurel, client du FCBA et expert de l’ignifugation du bois en autoclave et Véronique Georges et Jean-Marie Gaillard, responsables du Pôle feu du FCBA de Bordeaux