Autoconstruction : attention danger !

Il nous est arrivé à tous de bricoler un jour un bibelot en bois ou de monter un meuble d'une grande marque suédoise. Construire en bois paraît alors à la portée de tous. Pourtant, cela requiert énormément de rigueur et de compétences. C'est d'autant plus vrai lorsqu'il s'agit de bâtir une maison.

Le piège de la maison en kit

Promesse de simplicité et d’économie, l'autoconstruction, encouragée par le marché de la maison en kit, séduit de nombreux propriétaires. Des pièces préfabriquées à assembler, une notice bien détaillée et la maison est montée aussi vite qu'une bibliothèque au nom scandinave. C'est loin d'être aussi simple ! Il ne faut pas oublier qu’une maison, c’est bien plus que quatre murs à assembler. Ce sont aussi des fondations et de lourds travaux de second œuvre bien compliqués à mettre en œuvre sans expertise. Les fabricants se gardent trop souvent de sensibiliser leurs clients à cet aspect du chantier. AFCOBOIS, syndicat français de la construction bois, a ainsi constaté que le gain d’argent promis par l’autoconstruction est rarement au rendez-vous. Des dépenses non anticipées ou dues à un défaut de construction viennent très souvent s’ajouter à la facture finale. Autoconstruction : quels sont les risques ? En apparence, une maison en bois autoconstruite peut sembler parfaitement réalisée. En l’absence d’un maître d’œuvre expérimenté, il est néanmoins difficile de juger de la qualité de l’œuvre. Le moindre problème d’assemblage - un mauvais ancrage sur la dalle ou une charpente mal contreventée - met en péril la tenue de la structure de la maison. En parallèle, une mauvaise étanchéité à l'eau et à l'air ou une isolation mal posée entrave le confort des habitants et peut altérer la qualité du bois. Pourtant, ces défauts de construction passent souvent inaperçus jusqu'à ce qu'ils ne soient trop tard et que la maison ait déjà subi des dommages. En dehors de l’aspect purement constructif, la construction en bois requiert la prise en compte de facteurs insoupçonnés par le particulier, même averti. Orientation de la maison en fonction de l’exposition aux intempéries, calcul des bonnes pentes de toit, emplacement des ouvertures… Cela ne se choisit pas au hasard. Seul un professionnel du bois expérimenté sait déceler les contraintes invisibles et éviter les désagréments. C’est là la garantie d’inscrire sa maison dans le temps et d’y vivre confortablement.

Assurance et garanties

Dans le cadre d’une construction en bois classique, un maître d’ouvrage est largement protégé dans ses rapports avec un constructeur grâce à deux assurances obligatoires : la garantie décennale, souscrite par le constructeur et l’assurance dommage-ouvrage souscrite par le propriétaire. Le concept « d’autoconstruction », quant à lui, est absent de la législation française. Ce vide juridique a de lourdes conséquences en matière de contrats d’assurance. Rien n’est prévu pour le cas où un maître d’ouvrage est aussi maître d’œuvre et artisan. Les garanties usuelles deviennent alors caduques puisqu’il n'est pas possible de s'assurer contre soi-même. En outre, face aux risques de l’autoconstruction, les assureurs sont réticents à l’idée de fournir des garanties équivalentes.

Plus d'articles

charger plus