De la biophilie au bain de forêt, des arbres pour calmer l’âme

En 1984, le biologiste américain E.O Wilson développait le concept de biophilie. À l’origine, l’homme était connecté à la nature. Il trouvait tout ce dont il avait besoin pour survivre en forêt. Nous y trouvons déjà la sérénité mais nous serions même génétiquement programmés à l’aimer. Et si les arbres avaient des bienfaits particuliers ? Découvrez le Shinrin Yoku.

Le shinrin-yoquoi ?

Nous connaissons bien les bains de soleil, les bains de mer, mais les bains de forêt (Shinrin Yoku en japonais) semblent être une pratique bien étrange. Pourtant, cela consiste simplement à passer du temps en forêt, pour s’y ressourcer au contact des arbres, aux vertus apaisantes. Cette sylvothérapie, concept né au Japon, est une pratique récente et ancestrale à la fois.

  • Récente car initiée au Japon par un programme sanitaire national en 1982. L’État, bien conscient que la population était rongée par le stress, désirait lui faire découvrir les vertus apaisantes de la forêt.
  • Ancestrale car, dans toutes les cultures, les forêts ont joué le rôle de refuge pour les hommes. Lieux de vie des divinités, elles portent en elles une dimension sacrée. Marcher au contact des arbres était une façon de s’élever et de se ressourcer.
Une forêt au printemps
Une forêt enneigée

Pourquoi le Japon ?

La forêt est un élément omniprésent au Japon, tant sur le plan physique que spirituel. D’une part, les deux tiers du Japon sont recouverts par les forêts, tropicales, alpines ou subantarctiques. D’autre part, dans les croyances shintoïstes et bouddhistes, les deux religions officielles du Japon, la forêt est sacrée. C’est le royaume des divinités et les arbres abritent de nombreux esprits. Les Japonais sont très liés à la forêt. Ils l’admirent, la respectent, la vénèrent et cherchent à vivre en harmonie avec elle.

Bain de forêt, comment ça marche ?

Pour un bain de forêt, aucun plongeon dans les feuilles mortes n’est nécessaire. Il s’agit simplement d’être en contact avec la nature. Vous vous déconnectez du monde urbain et prenez le temps de profiter de l’atmosphère apaisante de la forêt, sans aucun autre but. Au quotidien, nous, Européens citadins, passons 90 % de notre temps en intérieur. Nous ne sollicitons alors que deux de nos sens : la vue et l’ouïe. Le Shinrin Yoku nous permet de mobiliser l’ensemble de nos sens. Dans un lieu plaisant, au contact des arbres, « nous avons la possibilité de sentir les fleurs, de goûter l’air frais, de regarder les couleurs changeantes des arbres, d’entendre chanter les oiseaux et de sentir la brise sur notre peau », explique le Dr. Qing Li, fondateur de la société japonaise de sylvothérapie. Lorsque tous nos sens sont en éveil, nous pouvons entrer en communion avec la nature. Nous réalisons que nous, petits êtres humains, appartenons à un univers immense et complexe qui nous dépasse largement. Un sentiment d’humilité nous emplit, les frustrations s’effacent et nous pouvons trouver la paix intérieure. Forme de méditation, le Shinrin Yoku nous permet, pendant deux heures, d’abandonner tous les tracas du quotidien en lisière des bois. En outre, dans cet environnement, nous laissons notre esprit vagabonder. Nous prêtons une attention involontaire aux images et aux sons apaisants du paysage. Il s’agit de la fascination douce (William James) qui ne génère aucune fatigue mentale et nous permet d’avoir les idées claires.

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