La construction bois en plein essor

Le bois dans la construction séduit de plus en plus de particuliers et de collectivités. Ses atouts économiques et environnementaux dynamisent un secteur qui doit néanmoins se structurer pour se valoriser.

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L’environnement et le développement durable font désormais partie des préoccupations des Français. Et la législation joue en leur faveur, avec l’accession à la propriété dans le respect de la nature. Les pouvoirs publics encouragent ainsi les écoconstructions, avec des normes sur la réglementation thermique des bâtiments (conformément à l’article 4 de la loi Grenelle 1, la RT 2012 a pour objectif de limiter la consommation d’énergie primaire des bâtiments neufs à un maximum de 50 kwhEP/m2.an, notamment). Aussi, le bois convainc désormais un nombre croissant de maîtres d’œuvres et d’architectes.

L’industrialisation du secteur depuis une dizaine d’années a introduit la concurrence et a permis la structuration et la démocratisation de l’offre. Néanmoins, le prix d’une maison à ossature bois reste plus élevé de 10 % à 20 % que celui d’une construction conventionnelle en briques ou en parpaings, en raison du coût des matériaux. Mais les fondations sont plus légères, la construction est beaucoup plus rapide et le bois limite la consommation d’énergie à vie. En traitant des volumes plus importants et en affinant leur image, les constructeurs vont pouvoir réduire, peu à peu, leurs coûts. Pour le particulier, le choix d’une maison en bois va générer des économies à long terme.

11 % de maisons en bois

La part de marché de la construction bois s’est multipliée par quatre depuis dix ans. Aujourd’hui, elle représente :

  • 11,3 % des maisons individuelles,
  • 20 % des agrandissements, 
  • 4,1 % des logements collectifs,
  • 4,8 % des bâtiments tertiaires privés et publics.

Le tout, avec des bois certifiés pour 77 % d’entre eux, un peu plus de la moitié provenant de forêts françaises et transformés par des entreprises locales. Cependant, de grandes disparités existent entre les régions françaises : le Grand Est incarne à lui seul un quart du chiffre d’affaires global des entreprises du secteur.

Si la tendance bois est nettement à la hausse dans l’Hexagone, elle ne représente encore qu’une faible part de marché par rapport aux Etats-Unis et au Canada, où les maisons individuelles sont en bois dans 90 % des cas.

Un secteur d’avenir

En France, 2 466 entreprises sont répertoriées et emploient 16 400 salariés, soient 3 % des effectifs totaux du bâtiment. Le marché de la construction bois est donc en plein essor, avec un chiffre d’affaires qui s’élève à deux milliards d’euros HT. Ces entreprises, qui ont moins de dix ans pour la moitié d’entre elles, oeuvrent principalement dans leur région d’implantation et interviennent elles-mêmes sur le chantier. La plupart sont de petites structures avec moins de dix salariés. Elles réalisent une moyenne de huit maisons individuelles par an et six extensions-surélévations.

Le gisement potentiel de la maison en bois est donc conséquent et devrait concerner 15 % des logements individuels neufs d’ici à 2015. Le marché de la rénovation bois est, lui aussi, très prometteur, puisqu’il concerne actuellement près de 20 % des opérations d’extension et de surélévation.