Construction bois et incendie : halte aux préjugés !

Contrairement aux idées reçues, le bois est un matériau de construction d'une excellente tenue au feu. La preuve : il n'effraye ni les pompiers, ni les assureurs !

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Le bois en règle avec la loi

Non, une maison bois ne brûle pas plus facilement qu'une autre. En matière de sécurité incendie, la réglementation française est la même pour toutes les constructions (bois, béton, brique...) et concerne :

  • les établissements recevant du public,
  • les immeubles d'habitation,
  • les immeubles de grande hauteur.

La loi impose en outre une tenue au feu de 15 minutes minimum avant effondrement de toutes les habitations individuelles, quel que soit leur principe constructif.

Le bois, matériau d'une bonne tenue au feu

Comparé aux autres matériaux, le bois résiste particulièrement bien au feu. En cas d'incendie, le bois :

  • transmet 10 fois moins vite la chaleur que le béton, 250 fois moins vite que l'acier,
  • n'explose pas mais brûle en se consumant lentement,
  • conserve plus longtemps que les autres matériaux ses capacités mécaniques et de portance.

Grâce à ses caractéristiques, le bois est considéré comme un matériau fiable. En effet :

  • Les pompiers sont autorisés à intervenir plus longtemps sous une charpente bois qu'une structure en béton ou acier,
  • Les assureurs n'exigent aucune surprime pour assurer une construction bois contre l'incendie,
  • Les collectivités locales choisissent le bois pour la construction de bâtiments collectifs (maisons de retraite, écoles, crèches, gymnases...).

La classification des matériaux au feu

En fonction de leur pouvoir calorifique, les matériaux de construction sont classés en 5 familles, allant des matériaux facilement inflammables (M4) aux matériaux incombustibles (M0).

Ce classement au feu du bois dépend de l'essence (les bois durs et denses s'enflamment plus difficilement que les bois tendres), de ses dimensions et de son taux d'humidité.

Par ailleurs, le comportement au feu du bois et des matériaux à base de bois peut être considérablement amélioré grâce aux :

  • produits ignifuges de surface : vernis ou peinture formant une pellicule étanche ; mousse isolante agissant par effet d'écran ou par intumescence,
  • produits ignifuges pénétrants appliqués au moment de la fabrication ou par imprégnation en autoclave.

Ainsi, les bois classés difficilement inflammables (M2) deviennent ininflammables (M1) après un traitement ignifuge.

Notons enfin que les incendies sont rarement dus aux matériaux de structure (béton, acier, bois), mais la plupart du temps liés au mobilier de la maison (souvent fortement combustible), au comportement des habitants ainsi qu'à l'état des installations électriques.

La pose d'un détecteur de fumée par niveau d'habitation permet de réduire le risque incendie de toute construction. Pensez-y !

Jean-Claude Mistral Major et Chef de Centre de Secours de St Arnoult (78)

« Avec le bois, en cas d'incendie, on est rassuré pour la sécurité de nos sapeurs-pompiers. »

Bois.com : Quel est le risque incendie majeur d'une construction bois ?

Jean-Claude Mistral : Quel que soit le type de construction, le tableau électrique est le plus souvent à l'origine d'un feu. Les gens ajoutent parfois des branchements pirates qui peuvent déclencher un incendie.

Bois.com : Et le chauffage au bois ?

J-C.M. : Les précautions à prendre concernant une cheminée ou un poêle sont les mêmes que dans les constructions traditionnelles : le conduit, la hotte doivent être isolés, fixés à distance réglementaire des matières combustibles.

Seuls les cheministes qui ont un agrément peuvent installer une cheminée. A l'usage, il faut également penser à ramoner régulièrement la cheminée et ne pas y faire brûler des papiers et cartons dont la combustion produit des escarbilles qui peuvent incendier la toiture.

Bois.com : Les isolants jouent-ils un rôle protecteur ?

J-C.M. : S'ils sont incombustibles, ils ne forment pas de barrière pour autant et la poussière qui s'y accumule peut s'enflammer. Ce sont surtout les traitements ignifuges appliqués aux bois de charpente qui rendent la structure difficilement inflammable.

Bois.com : Comment prévenir le risque incendie ?

J-C.M. : Il faudrait apprendre aux gens et dans les écoles les gestes essentiels, on éviterait ainsi au moins 30 % de risques.

Bois.com : Et le détecteur de fumée, présent à plus de 90 % aux états-unis ou en Scandinavie ?

J-C.M. : Le détecteur de fumée est en effet un outil simple, économique, qui prévient d'un feu naissant. Les détecteurs sont bien plus efficaces que les extincteurs, chers à l'achat et à faire vérifier et dont les gens ne savent pas se servir !

Un détecteur se place près d'une cuisine et dans le volume où se trouve la cheminée, son réglage précis ne se déclenche que lorsque la fumée est jugée dangereuse et peut provoquer l'asphyxie.

Bois.com : Dans quel environnement préférez vous intervenir?

J-C.M. : Il n'y a pas photo ! Avec le bois, on est rassuré pour la sécurité de nos sapeurs-pompiers qui doivent intervenir.

Approfondir

Trois textes de référence :

  • l'arrêté du 31 janvier 1986 relatif à la protection contre l'incendie des bâtiments d'habitation (modifié le 18 août 1986).
  • l'arrêté du 30 juin 1983 (modifié le 28 août 1991) portant sur la classification des matériaux de construction et d'aménagement selon leur réaction au feu.
  • l'arrêté du 21 avril 1983 relatif à la détermination du degré de résistance au feu des éléments de construction.