Plancher bois : généralités, réglementation, règles de pose

Un plancher bois correspond à un platelage plan, homogène et porteur. Sa conception et sa mise en œuvre répondent à des règles précises qui garantissent son bon usage et sa durabilité.

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Le principe des planchers bois

Les planchers sont des ouvrages horizontaux, plans et continus, porteurs ou non porteurs. On les distingue des parquets qui peuvent être des ouvrages porteurs ou non porteurs, mais qui remplissent un rôle décoratif.

Les planchers bois sont généralement composé de :

  • Éléments porteurs établis parallèlement : solives, bastaings, madriers, poutre en i…
  • une plateforme composée par exemple de panneaux à base de bois (dalle aggloméré, dalle OSB, contreplaqué), ou d’un plancher en lames de bois massif posées directement sur les solives ou encore sur des lambourdes intermédiaires.

Au regard d'autres matériaux, ces principes induisent une légèreté structurelle, une grande rapidité de mise en œuvre avec des conditions de travail valorisantes et des conditions de propreté satisfaisantes (par exemple pas de poussières fines de ciment ou de coulures de laitance).

Quelles questions avant d'entreprendre la réalisation d'un plancher ?

Il est important de déterminer l'ensemble des sollicitations du plancher etles charges qu'il devra supporter. Ces précisions permettent de définir l'entraxe des solives et/ou lambourdes et de vérifier s’il sera nécessaire ou on de prévoir des cours d'entretoises supplémentaires entre solives selon le type et le format du plancher envisagé (lames, panneaux, etc...).
Il est également utile de s'interroger sur les performances d'isolation thermique et acoustique souhaitées. La hauteur des solives et leurs liaisons avec les murs peuvent être déterminantes. Il en est de même au regard de l'emplacement éventuel d'un escalier et de sa trémie.

En neuf

On peut distinguer deux types de plancher bois : Le plancher bas en rez-de-chaussée de l’habitation (dalle bois) et les planchers d’étage qui ne répondent pas aux mêmes sollicitations et ne sont pas assujettis aux mêmes règles de mise en œuvre.

Le  plancher bas d'une construction neuve peut reposer sur des plots ou des murets en béton ou bien encore sur un vide sanitaire. Dans ce dernier cas, il faudra veiller à ce que ce vide sanitaire soit débarrassé de toute matière organique et que les orifices de ventilation, judicieusement répartis, soient de dimensions suffisantes pour en garantir la parfaite aération.

Les planchers d'étage quant à eux sont par nature sont à l'abri de l'humidité. Les bois devront avoir une durabilité correspondant à la classe d’emploi 2. Il faudra faire en sorte que les canalisations d'eau ou d'électricité qui traversent des planchers restent accessibles pour être facilement replacés ou réparés le cas échéant.

En rénovation

Dans ce cas, il faut évaluer la capacité du plancher existant à supporter les charges prévues. De ce diagnostic dépendra le choix de conserver les éléments en place, de les renforcer ou de les remplacer.

Les règles fondamentales

Qu'il s'agisse de réglementation ou de mise en œuvre, la pose d'un plancher obéit à des règles. Et chaque type de matériau possède les siennes…

Plancher en panneaux dérivés du bois

La norme européenne harmonisée

Pour construire un plancher,  les panneaux utilisés doivent répondre aux caractéristiques de performance exigées pour les panneaux à base de bois destinés à la construction tel que définis dans la norme européenne harmonisée NF EN 13986. Ces panneaux doivent avoir une attestation de conformité, selon la directive communautaire sur les produits de la construction (DPC n° 89-106), matérialisée par le marquage CE.

Pour une utilisation en plancher les panneaux concernés sont :

  • les contreplaqués,
  • les panneaux de particules (dalle agloméré),
  • les OSB (panneaux à copeaux orientés),

Les lames à parquet conformes aux normes NF EN 13629 et NF EN 13990 peuvent également être utilisées.

Exécution des travaux

Le bâtiment doit être clos et couvert.
L'humidité des panneaux de plancher doit être maintenue entre 10 et 12 % ; celle des éléments du solivage doit être inférieur à 20 %.
Il convient de prévoir un bâchage ou toute autre protection adéquate du plancher, si les conditions climatiques l'exigent.

Une offre variée d'éléments de structure

Poutres et solives en bois massif.
Les poutres et solives en bois massif représentent une solution performante et économique. Les sections courantes brutes de sciage en bois résineux à 20 % d'hygrométrie sont en largeur de 50, 63, 75 et 100mm et en hauteur de 150, 175, 200 et 225mm. Elles permettent de reprendre des charges importantes qui varient selon les portées. On peut se procurer des abaques ou des réglettes de pré dimensionnement qui sont très simples de manipulation. On atteint les limites de ce type de poutre par l'absence sur le marché d'une disponibilité de grande longueur et de sections plus importantes.

Poutres en bois massifs reconstitués :
Ces poutres sont fabriquées à partir de 2 à 5 lames dont l’épaisseurs est comprise entre 45 et à 80mm, ou de 2 à 3 lames pour des lames d’épaisseurs inférieures ou égales à 45mm.

Poutres en bois lamellé-collé
Elles sont obtenues par l’aboutage et le collage de lamelles de bois de 33 à 45 mm d’épaisseur dont le fil est généralement parallèle.

Poutres composites à membrures en bois ou matériaux dérivés
Poutres dont la section est composée de 2 membrures en bois ou en matériaux dérivés (lamellé-collé, contrecollé, lamibois…) et d’une âme en bois ou panneaux dérivés du bois, ou encore en métal. La liaison de l’âme avec les membrures est assurée soit par des assembleurs mécaniques, soit par collage.
Elles doivent posséder un avis technique et font l’objet d’une certification du FCBA (CTB-Pi).

Pose des panneaux - généralités

  • La longueur des dalles de placnher doit être perpendiculaire aux supports.
  • Elles sont posées à joints décalés d'une rangée à l'autre (pose dite “à taille de pierre”).
  • En périphérie, les rives non assemblées des panneaux doivent reposer sur un cours de lambourde, entre les solives aux extrémités de travées.
  • Les panneaux doivent reposer sur au moins trois appuis ; en extrémité de travée, il est admis que la pose s'effectue sur deux appuis.
  • Les panneaux à bords droits, c’est-à-dire sans rainure et languette, doivent être supportés sur leurs quatre côtés.

 

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Pour tenir compte des variations dimensionnelles des panneaux dues à l'humidité, il convient de prévoir des jeux permettant aux panneaux de s'allonger.

  • Panneaux à bords droits : jeu de 1,5 mm/m en périphérie de chaque panneau.
  • Dalles usinées rainure-languette : jeu de 10 mm reporté en périphérie de la surface.


Fixations

Les panneaux peuvent être fixés par pointes torsadées ou crantées, par agrafes ou par vis.
Dans le cas de fixation par pointes, le clouage doit être renforcé par des vis aux quatre angles et à mi-longueur du panneau.

Les pointes doivent présenter une longueur de trois fois l'épaisseur du panneau à fixer avec un minimum de 50 mm ; les vis de deux fois l'épaisseur avec un minimum de 40 mm ; les agrafes un diamètre de fil de 0,9 mm minimum et une longueur de 63 mm au moins.
Il est interdit de fixer des panneaux d'épaisseur supérieure à 25 mm avec des agrafes.

 

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Dispositions particulières

Lorsque le plancher joue un rôle de contreventement, comme dans la construction à ossature bois, il convient de choisir les panneaux admis pour cette fonction. Lors de la mise en œuvre, collez les assemblages de manière à obtenir un platelage homogène afin que les efforts horizontaux soient transmis correctement à la structure verticale.

Plancher en lames de bois massif

Les dispositions générales pour l'exécution des travaux, l'ambiance d'utilisation ou le comportement hygroscopique des panneaux en dérivés de bois s'appliquent aux lames de bois massif.
Celles-ci sont également autorisées en fonction de contreventement.

Dispositions particulières aux lames à plancher.

L'épaisseur des lames à plancher est déterminée par l'entraxe des solives ou lambourdes et des charges à prendre en compte.
Elles doivent reposer au minimum sur trois appuis et être posées bord à bord, à joints décalés et de telle sorte que leur longueur soit perpendiculaire aux supports.

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Les charges

La détermination des charges et leur calcul permet d'envisager l'utilisation future d'un plancher en toute sécurité.

Les différents types de charges

  • Les charges d'exploitation liées à l'utilisation proprement dite du plancher : 20 % correspondent au mobilier et sont donc permanentes ; la circulation des personnes représentant 80 % de charges temporaires.
  • Les charges additionnelles recouvrent les charges permanentes de structure ou de revêtement.
  • Les charges concentrées représentent une charge exceptionnelle sur une petite surface (pied de piano, aquarium, etc.).
  • Les charges roulantes sont des charges concentrées en mouvement. Elles imposent une étude spécifique du plancher.

Calcul des charges

La structure d'un plancher a des répercussions sur la dalle de plancher elle-même, mais aussi sur les lambourdes, les solives et les poutres porteuses.

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La dalle de plancher

La dalle de plancher supporte les charges d'exploitation permanentes et temporaires, ainsi que les revêtements de sol.
Les valeurs de charges d'exploitation courantes à prendre en compte sont :

  • Logements y compris combles aménageables = 150 kg/m².
  • Escaliers, halls d'entrée, greniers et bureaux = 250 kg/m².
  • Balcons = 350 kg/m².


Les lambourdes

Les lambourdes soutiennent la dalle de plancher ainsi que les charges supportées par celle-ci et, le cas échéant, les cloisons et les divers éléments d'isolation.

Les solives

Les solives supportent les lambourdes ainsi que les charges reposant sur celles-ci et, le cas échéant, les éléments constituant le plafond et l'isolation.

 

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Les poutres porteuses

Les poutres porteuses portent l'ensemble de la structure ci-dessus.
Les charges totales au mètre linéaire d'une poutre sont le produit des charges au m² (permanentes et temporaires) et de l'entraxe des poutres.