Bardeaux et tavaillons : entre tradition et modernité

Bardeaux et tavaillons habillent toitures et façades de nos régions depuis la nuit des temps. Mais la tuile de bois aurait bien failli tomber aux oubliettes si la réfection de monuments tel le Mont Saint Michel, n’avait conservé les tours de mains de ce savoir-faire ancestral. Gros plan sur un produit bois d’art et d’exception.

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Une couverture universelle

Ancêtres de la tuile, les bardeaux et tavaillons désignent ces écailles de bois aux reflets argentés recouvrant toitures et façades d'habitations et monuments historiques (châteaux, abbayes, ...). On les trouve dans toutes les régions du globe de tradition forestière... jusqu'en Patagonie ! Cependant, selon les régions et les essences, les appellations diffèrent : ancelles, ecrâves, essentes aisses, eschandoles, scandules, écailles, baptaillées, clavins, essendoles, aissaumes, scandolis, tavés, aisseaux, schindel, shingles, shakes, shita...

Ecologique et performante

Outre son esthétique remarquable qui vire au fil du temps de l'or blond à l'argent patiné, la tuile de bois est un produit :

  • léger,
  • étanche,
  • isolant,
  • résistant mécaniquement,
  • respirant,
  • hydroscopique,
  • insensible au gel, à la grêle, à la pluie.

Du point de vue environnemental, la tuile de bois est également très performante. En effet, elle :

  • est naturelle,
  • fixe le dioxyde de carbone,
  • absorbe la vapeur,
  • freine la conduction thermique,
  • ne nécessite aucun traitement ou procédé industriel,
  • ne produit aucune émanation toxique,
  • permet une économie forestière,
  • est renouvelable et recyclable en fin de vie.

Naturellement centenaire

Selon l'essence utilisée, les tuiles de bois ont une durée de vie variant de 30 à ...120 ans ! Pour obtenir une couverture centenaire, sélectionnez des essences naturellement durables, purgées d'aubier et adaptées au milieu telles :

  • le mélèze dans les Alpes du Sud,
  • l'épicéa dans les Alpes du Nord,
  • le douglas, dans les Hautes Alpes et en Savoie
  • le châtaignier et le chêne dans l'Ouest et le Centre,
  • l'acacia (robinier), le hêtre dans les Pyrénées,
  • le pin Laricio en Corse,
  • le red cedar canadien un peu partout …

A noter : Aux premiers signes de fatigue, les anciens avaient pour habitude de retourner les tuiles de bois qui offraient alors ½ siècle supplémentaire de bons et loyaux services !

Fendue et posée à la main

Si l'outillage du tavaillonneur est réduit (billot, maillet, coutre à lame large, plane) l'art de la taille est néanmoins des plus subtils... Les bois, récoltés en automne à la lune descendante, sont traditionnellement fendus au printemps dans le sens du fil pour préserver la fibre et assurer un bon écoulement des eaux de pluie. Aujourd'hui, les tuiles de bois ne sont pas toujours fendues manuellement, mais sciées à la machine mécaniquement.

La pose manuelle clouée ou agrafée, sur support continu ajouré et ventilé (panneau contre plaqué marine , triply , latte large ) ou discontinu et ventilé (liteaux), s'effectue en 2, 3 ou 4 couches selon l'inclinaison de la pente de toit. Le recouvrement plus ou moins prononcé selon la forme de la tuile, dessine au fil des rangées des motifs (éventails, frises...) aussi décoratifs que durables. En outre, la ventilation en sous face des tuiles de bois fendues ou non est indispensable pour reproduire le séchage du bois.

Aujourd'hui, on redécouvre ce produit de couverture efficace, pérenne et respectueux de l'environnement. On lui trouve même un nouvel usage en décoration intérieure ; un comble pour une tuile !