Charpente

IPN métallique / Lamellé Collé / Massif ? Quoi choisir pour couper la portée d'un solivage ?

Publié par TheoBois il y a 30 jours

Bonjour tout le monde, et en particulier à Boisphil qui m'a déjà pas mal aidé sur une problématique afférente.


J'avais détruit une cloison sur un solivage trop faible d'une portée de 6m40. 

J'ai sollicité un bureau d'étude qui propose de couper la portée en 2 à l'aide d'une poutre transversale, pour reprendre la charge que prenait la cloison détruite.


A savoir que la longueur de la poutre est de 5m50.


L'ingénieur du bureau d'étude me propose 2 solutions :


- Un IPN (probablement un 220 à priori)

- Une poutre en bois, lamellé collé ou massif ou contrecollé, d'une section de 120x350)


Compte-tenu du montant des travaux, et après avoir sollicité des maçons, il semblerait que le coût de mise en place soit à peu près identique, cependant, l'ingénieur pense qu'il serait de bonne augure de prendre l'option de la poutre en bois, car elle apporterait du "cachet" à l'appartement, ce qui justifierait un peu plus le prix que nous allons devoir payer pour solidifier le plancher... Une sorte de plus-value en quelque sorte....


Maintenant vient la question de la poutre, Boisphil qu'en pensez-vous ? Idéalement une poutre en chêne massif serait splendide, et donnerait véritable du cachet, mais il semblerait que ça soit difficile à trouver une poutre "sèche". J'ai contacté plusieurs scieries, elle me disent que ça peut se faire, mais que la coupe aura lieu en Septembre, et que donc le bois ne sera pas sec. Sinon, elles proposent une alternative en lamellé collé.... Mais visuellement, est-ce intéressant par rapport à un IPN ?.... Dans les 2 cas il serait mieux de coffrer non? 


Il m'est impossible d'attendre 6 mois de séchage, le solivage est trop faible et il y a un risque réel d'après l'ingénieur, tant que l'appartement au dessus n'est pas habité c'est ok, mais s'il devient habité demain, la surcharge occasionnée est dangereuse.


Les scieries et maçons que j'ai eu me disent que ce n'est pas un problème si le bois est pas totalement sec, qu'il peut craquer et fendiller, mais que ça n'est que visuel. Est-ce une réponse sérieuse ? 


Que préconisez-vous Mr Boisphil ? J'aimerais trouver un rapport équitable entre "prix/visuel/mise en oeuvre".

Je suis curieux de connaître votre expérience en la matière et ce que vous feriez si c'était votre chantier.


En vous remerciant chaleureusement par avance.


Bien cordialement





Boisphile

Publié par Boisphile il y a 30 jours

Attention, une poutre centrale qui reprend un solivage, reprend à elle seule 62 % des charges totales.

A mon sens, le BE n'en a pas tenu compte, le 120 x 350 est insuffisant.

En Bois lamellé-collé GL24 de  fabrication française, pour une portée de 5500 et une bande de chargement de 3200, un 135 x 450 est nécessaire pour une flèche de L/380 soit une déformation de 10 mm et 15 mm à terme après fluage - Poids unitaire 170 kg - Réactions aux appuis 2420 kg.

Où, dans les mêmes condition, un 160 x 450 pour une flèche de L/450 soit une déformation de 8 mm et 12 mm à terme après fluage - Poids unitaire 200 kg - Réactions aux appuis 2435 kg.

Calculs effectués à l'EC5 avec 115kg de charges permanentes et 150 de charges d'exploitation soit en réel 160 kg/m² de charges permanentes et 105 kg/m² de temporaires

En métallique, un IPE de 270 ou un HEA de 200 serait nécessaire.

En Chêne, dans les mêmes condition, une section de 400 x 300 serait nécessaire pour une flèche de L/370 soit une déformation de 7 mm et 15 mm à terme après fluage - Poids unitaire 470 kg - Réactions aux appuis 2565 kg.

(Pour votre information, cette réponse a nécessité un temps de 50 minutes)

Publié par TheoBois il y a 30 jours

(Pour votre information, cette réponse a nécessité un temps de 50 minutes)


Et je vous en suit d'une extrême reconnaissance. D'ailleurs, j'aimerais trouver une manière de vous remercier car vous nous avez été d'une aide extrêmement précieuse tout au long de ce processus hautement anxiogène pour nous... Même si, à l'heure où nous parlons, rien n'est encore réglé.... Mais sans vos conseils je crois que nous aurions vécu avec une épée de Damoclès au dessus de la tête et dans l'ignorance la plus totale.


Ce que vous me dites me parait extrêmement inquiétant, et ce n'est rien de le dire. Je vous fait une entière confiance car votre longue expérience et le nombre de personnes que vous avez aidé ici plaide LARGEMENT en votre faveur, pour ainsi dire si j'avais pu vous mandater je crois que je l'aurais fait!! 


Comment un bureau d'étude structure qui a pignon sur rue, et que je paye 1600 euros pour une étude, peut à ce point être "aux fraises" sur des calculs de report de charge... Passer de 35cm de hauteur à 45 n'a absolument rien d'anodin.... C'est colossal, et ça change absolument tout. Et pourtant, croyez bien que j'ai fait le tour des bureaux d'études, et j'ai pris celui qui avait meilleure réputation et meilleures références.


Juste une petite question Mr Boisphil, supposons que nous options pour un renfort en bois plutôt qu'un IPN/HEA (et franchement, aux vues de vos conclusions de sections, je crois que je vais laisser tomber car 45cm de retombée, c'est énorme), que penser des scieries qui vendent du chêne massif  sur des sections telles que nous avons besoin, mais qui n'a pas subi de séchage assez long ? ça représente un danger une fois en place ? Vous le déconseilleriez ? (l'information pourra servir à ceux qui se poseraient la même question que nous).


En dehors de toutes considérations esthétiques, je n'arrive pas à voir en quoi la solution du bois apporte un quelconque avantage....

- hauteur sous plafond de 20cm de moins d'après vos calculs

- Compliqué à trouver du bois massif sec


A moins que j'ignore l'intérêt qu'il puisse y avoir d'opter pour une poutre en bois plutôt qu'un renfort en metal ?


En vous remerciant.


Publié par INSABE il y a 30 jours

Bonjour TheoBois et Boisphile,


Je suis étudiant à l'INSA et j'aimerai comprendre vos calculs,


En Bois lamellé-collé GL24 de  fabrication française, pour une portée de 5500 et une bande de chargement de 3200, un 135 x 450 est nécessaire pour une flèche de L/380 soit une déformation de 10 mm et 15 mm à terme après fluage - Poids unitaire 170 kg


La flèche à prendre en compte n'est elle pas de :

- L/300 uniquement pour les charge temporaire (Winst(Q))

- de L/200 pour la flèche finale (Winst(G)+Winst(Q)+Wcreep)

Une flèche de L/380 me parait beaucoup trop défavorable.




(Calculs effectués à l'EC5 avec 115kg de charges permanentes et 120 de charges d'exploitation soit en réel 160 kg/m² de charges permanentes et 105 kg/m² de temporaires)

Pour un plancher de logement c'est  Q=150kg/m²  d'après l'EC5

Le calcul des "charges réelles", j'ai l'impression que vous faites : 1.35xG +0.9xQ 

A quoi correspond cette combinaison ?

L'EC5 préconise pour l'ELS (flèche)  1xG+0.9Q  ?

Boisphile

Publié par Boisphile il y a 29 jours

1) Ne blâmez pas le BE, tout dépend de ce que vous lui avez demandé. Est-ce un BE généraliste ou un BE charpente ?

2) Non, que le bois en grosse section ne soit pas sec ne représente pas un DANGER, mais simplement ce bois sera plus sujet à la déformation, ce dont j'ai tenu compte dans les calculs en tant que bois avec une humidité supérieure à 25 %.

3) L'intérêt de la poutre en bois c'est principalement la fixation des solives, avec le support métal c'est un peu "galère".


Réponse pour INSABE : (Désolé pour TheoBois de vous imposer cette discussion)

Pardonnez-moi, mais entre la théorie normative et la pratique "chantier" d'un "dinosaure" que je suis, il peut y avoir quelques différences !

- de L/200 pour la flèche finale (Winst(G)+Winst(Q)+Wcreep)

Une flèche de L/380 me parait beaucoup trop défavorable.

Pourtant et strictement, L/200 donne une déformation de 27.5 mm, alors que L/380 donne une déformation de 14.5 mm. Je ne pense pas que le client accepte une déformation de L/200 qui lui donnerait le résultat d'un effet "trampoline". Il y a les normes (et je fais partie depuis une trentaine d'années de la commission de normalisation) et il y a ce que le client peut ou non raisonnablement accepter.

Pour un plancher de logement c'est  Q=150kg/m²  d'après l'EC5

Le calcul des "charges réelles", j'ai l'impression que vous faites : 1.35xG +0.9xQ 

Un plancher habitable est effectivement 150 kg/m² de charges d'exploitation, mais ce ne sont QUE et seulement QUE les charges d'exploitation, auxquelles il faut ajouter toutes les autres charges permanentes, plafond, plancher, solivage, cloisons, revêtements de sol etc. Et sachant qu'une partie des charges d'exploitation sont reprises en tant que charges permanentes. Soit, dans le cas présent 115 kg/m² de charges permanentes et 150 d'exploitation qui donnent en réalité 160 kg/m² de charges permanentes et 105 de temporaires.

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