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Maison poteau-poutre sur pieux (pilots) - liaisons dalle / poteau

Publié par PleinBois il y a 4 mois

Bonsoir,


Je suis a la recherche d'informations sur la façon d'opérer la liaison entre la dalle d'une maison en poteau-poutre, le poteau, le pilot en dessous et les poutres horizontales.

Pour des raisons de terrain en pente, je projette de faire des fondations en pilotis.

Dans un premier temps je me suis tourné vers des pieux vissés (cf image ci-dessous), mais je m'aperçois au fond d'une fouille voisine,

avant l'étude de sol prévue au printemps, que l'arène granitique contient des cailloux (de 1 à 2 kgs).

Impossible de visser des pieux dans ces conditions.

Je me dirige donc vers des pieux battus (on tape dessus jusqu'au refus du sol) en fonte d'aluminium.

Dans l'alignement de chaque poteau - qui soutient la moitié d'une ferme - descendent la majorité des charges vers un pilot situé dessous.


Mon premier problème à résoudre est le suivant : comment traiter la liaison entre le poteau, la dalle et le pilot selon des DTU ?

Je pense avoir dors et déjà assimilé que le pied du poteau doit être considéré comme une articulation simple et non comme un encastrement. Les efforts latéraux dans les deux axes seront traités par ailleurs.

Reste le problème de l'arrachement... A priori, je préfèrerais que le poteau repose sur la dalle et soit repris fermement par le pieu en-dessous. Un pied de poteau peut-il selon vous traverser la couche de la dalle et se trouver solidarisé avec le pilot du dessous ?

Que prévoient les DTU dans ce cas spécifique ?


Mon second problème, le voilà : dans le cas de fondations ponctuelles comme celles que je vous présente,

comment envisager le tassement différentiel qui risque de survenir ? A priori en effet, la dalle bois ne comporte pas de longrines solidaires les unes des autres, mais seulement reposant sur les pieux. Les poutres pourront potentiellement connaître des pivotements dans l'axe vertical, selon la portance locale du terrain autour de chaque pilot...


Merci d'avance !!!




Boisphile

Publié par Boisphile il y a 4 mois

La technique dite "du poteaux poutres" n'est pas vraiment adapté à la maison bois, le contreventement et la stabilité de l'ouvrage dépendant principalement des assemblages poteaux et poutres. Ces assemblages nécessitent des section importantes des poteaux et poutres pour y loger des couronnes d'assemblage. Cette technique est plutôt destinée au bâtiments industriels et commerciaux.

En outre le DTU 31-2 ne vise pas ce type de construction.

Publié par PleinBois il y a 4 mois

Merci Boisphile pour votre réponse. C'est très généreux de votre part.


Je comprends votre conseil, mais je souhaiterais mettre ce choix du « poteau poutre » en débat avec vous et avec d'autres :


Tout d'abord, j'opte pour un toit en pente en deux pans, ce qui diffère des techniques habituelles avec toit plat qui sont souvent utilisées actuellement pour des MOB « classiques ».


Ensuite, des baies larges prévues pour emmagasiner en hiver la chaleur du sud nécessiteraient, me semble-t-il, une structure permettant de larges tableaux/tunnels vides d'OSB de contreventement


Pour ce toit en pente traditionnel, je n'envisage pas la technique des chevrons arbalétriers, car je pense que maîtriser les poussées latérales sur les murs doit nécessiter beaucoup de science et c'est selon moi risqué en auto-construction. Mais peut-être quelqu'un ici me démentira et je serais heureux de changer d'opinion à la lumière d'un commentateur avertit.


Donc j'en suis finalement arrivé à opter pour la technique traditionnelle de la ferme avec blochets (car un étage habitable est souhaité).

Les assemblages seraient donc de type traditionnels, dans une ferme qui je crois est hyperstatique, sans aucun encastrement.



Maintenant, si j'optais pour un système de MOB « traditionnel » avec montants, sans poteaux et poutres maîtres, outre le fait que je ne vois pas comment palier au problème des baies larges et hautes, il y a aussi la question de la façon de poser dessus des fermes traditionnelles (seules qui me rassurent quant à la reprise des efforts obliques des pentes de toit)...

En analysant la structure des MOB avec toits en pente, je crois avoir remarqué que le système le plus courant pour descendre les charges sous l'entrait des fermes était un renforcement des montants de l'ossature dans les murs.

Or ce renforcement n'aboutit-il pas à la même logique de charges ponctuelles, toute proche de celles agissant dans des structures poteau-poutre ?

Car même si ces fermes reposaient sur des montants renforcés, qu'en serait-il de toutes les charges descendantes vers les sablières via les chevrons sans que celles-ci ne soient contraintes dans leur plan par une structure type poteau-poutre ?


Voici deux illustrations représentant l'une les fermes seules, et l'autre un contreventement envisagé




Bien cordialement

Boisphile

Publié par Boisphile il y a 4 mois

A moyen-long terme il se créera des jeux d'assemblages que vous ne pourrez pas maîtriser, avec pour conséquence des craquements, grincements et disfonctionnement des menuiseries et tout cela plus ou moins rapidement et important selon le lieu d'implantation. Vous ne serez pas le premier, mais les précédents se gardent bien d'avouer leurs désordres.

Cela étant, vous ferez comme vous l'entendez, selon vos propre convictions, tout en vous rappelant quand même que la construction bois est extrêmement complexe et technique, ne devant rien au hasard et à l'improvisation. 

Publié par PleinBois il y a 4 mois

Bonjour Boisphile, et merci pour votre réponse !!


Je prends très bonnes notes de votre avertissement et je vous en remercie.


Je précise néanmoins un élément important que je n'avais pas mentionné : le remplissage se veut en béton de chanvre. Une raison supplémentaire en faveur du poteau-poutre car cela éviterait des panneaux de contreventement en OSB... oui je souhaiterais faire respirer le mur au maximum.


Je l'envisageais aussi pour couper la chaleur d'été avec un déphasage approprié.


Cependant j'ai encore beaucoup de points d'ombre quant à cette utilisation.

Les plus importants sont le retrait (au séchage), le vieillissement, mais aussi ce point qui rejoint votre remarque : la capacité du béton de chanvre à reprendre des efforts latéraux au sein d'une structure en pans en bois.

Une thèse a d'ailleurs été écrite par une chercheuse, que je n'arrive pas à contacter, afin de connaître ses conclusions. C'est l'objet précisément de ses recherches, ce qui laisse penser qu'a ce sujet, des normes ne sont pas encore écrites.

Est-ce que vous avez déjà rencontré le remplissage de structures en montants par du béton de chanvre ?



Donc, pour le moment, pour des raisons pratiques, je m'attelle à la transformation de la structure que je vous ai présenté en une nouvelle structure avec montants. Et c'est sans compter le gain de temps au moment du montage qu'occasionnerait le passage a une technique dite "classique"...

Cependant, à ce stade j'hésite entre structure plate-forme ou structure à claire-voie, dite ballon frame. Je me dis que plus les montants sont courts, plus le montage sera facilité. Egalement, le risque de flambement des montants en renfort au droit des pieds de ferme serait d'autant plus diminué.


Le point délicat est celui des baies : la flèche admissible peut-elle être compensée par un dispositif du type joint pré-compressé, ou de tout autre ordre ? Notamment si, comme je la présente ci-dessous, j'optais pour une superposition de deux cadres au lieu d'un seul.


Second point délicat, lié au premier : la structure de la charpente :

- si je dispose des chevrons traditionnels, leurs charges seront en partie reportées sur la sablière qui ne comportera pas de reprise de charges. D'où la question suivante : des structures en treillis comme sur la vue ci-dessous (partie de droite) peuvent-elles supporter ces charges ?

- si, à l'inverse, j'opte pour des chevrons porteurs, je soulage complètement la sablière au-dessus des baies, mais je rencontre le problème de devoir renforcer la faitière et surtout ses appuis dans le sol puisque c'est elle qui prend tout le poids, comme vous l'avez si bien expliqué Boisphile sur un autre post de ce forum.


A toutes fins utiles, je précise que les baies ne seront pas coulissantes, mais à vantaux, en accordéon, par 3 ou 4 vantaux entre deux fermes. Mais "ça" circule tout de même dans un rail.


Merci de votre accompagnement Boisphile



Boisphile

Publié par Boisphile il y a 4 mois

Juste pour information, quel est le lieu précis de l'implantation ?

Publié par PleinBois il y a 4 mois

Bonjour !


Il s'agit de la région morvandelle, a 550 m d'altitude. Orientation du terrain Sud Sud/Ouest et une pente de 30 %. Il y a un vent de pente assez courant, d'environ 15 km/h.

Boisphile

Publié par Boisphile il y a 4 mois

OK ! Donc pas de risque sismique, en revanche à 550 m d'altitude et un terrain en pente, vous avez grand intérêt à bien maîtriser les ancrages et les contreventements.

Publié par PleinBois il y a 3 mois

Bonjour Boisphile,


Je manque sûrement de surface de voile de contreventement. Je n'ai que quelques cloisons intérieures (deux de 6m² et une perpendiculaire a la face avant de 14 m²). Même si le contreventement d'étage connaît bien plus de possibilités, liées à beaucoup plus de surfaces de cloisons disponibles, il se situe néanmoins au-dessus du diaphragme du plancher d'étage...

Donc, est-ce que le type de contreventement ci-dessous, en rez-de-chaussée, rapporté à une ossature, pourrait s'envisager ? En acier boulonné comme je l'imaginerais.



Boisphile

Publié par Boisphile il y a 3 mois

Joker ! Une telle spécificité ne peut se faire qu'en passant par un BE structure, c'est lui qui décidera des ancrages, des contreventement et des assemblages. Même les pieux doivent être contreventés compte tenu de la pente.

Publié par PleinBois il y a 3 mois

Merci pour votre éclairage...

Oui, je crois aussi que je suis arrivé au pied du mur du bureau d'étude...

Pouvez-vous en conseiller un ( éventuellement par email) ?

Je retiens également l'ensemble de vos commentaires, sur d'autres posts, concernant votre très gros apriori sur les parois dites perspirantes, respirantes, ou toute autre désignation d'une migration libre de la vapeur d'eau au travers de l'épaisseur du mur.

J'ai été complètement édifié par vos avertissements concernant la laine de bois, et je suis sur le point de changer mon choix initial sur la base de vos explications sur le mauvais comportement de ce matériau, en tous cas dans les conditions habituelles de notre climat (rétention d'eau, pas le temps de sécher, accumulation d'humidité année après année, ...).

Si j'ai bien compris, vous n'êtes pas contre ce matériau, mais vous suggérez de l'utiliser uniquement en parois étanches car sinon gare aux problèmes de pourrissement... et sinon, en parois dites respirantes, lui préférer des laines minérales... c'est bien ça ?

Merci beaucoup

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