Glossaire

Glossaire du bois et de la forêt : comprendre les termes essentiels

Le monde de la forêt et du bois possède son propre vocabulaire. Pour vous aider à mieux comprendre cette filière passionnante, nous avons rassemblé les termes essentiels dans ce glossaire.

Des arbres qui poussent aux meubles qui décorent nos maisons, découvrez les mots-clés pour décrypter l’univers du bois et de la forêt. Chaque définition est expliquée simplement pour être accessible à tous.

Forêt et gestion forestière

Forêt

Terres occupant une superficie de plus de 0,5 hectares avec des arbres atteignant une hauteur supérieure à 5 mètres et un couvert forestier de plus de 10 %, ou avec des arbres capables d’atteindre ces seuils. (source : FAO)

Sylviculture

Ensemble des techniques et pratiques qui permettent la création et l’exploitation rationnelle des forêts tout en assurant leur conservation et leur régénération. (source : ONF)

Gestion forestière durable

La gestion durable des forêts garantit leur diversité biologique, leur productivité, leur capacité de régénération, leur vitalité et leur capacité à satisfaire, actuellement et pour l’avenir, les fonctions économique, écologique et sociale pertinentes, aux niveaux local, national et international, sans causer de préjudices à d’autres écosystèmes. (source : Code forestier)

Multifonctionnalité des forêts

Capacité de la forêt à remplir plusieurs rôles en même temps : produire (du bois, du liège, des plantes comestibles) et fixer du carbone, accueillir (animaux, plantes, champignons), protéger (éviter l’érosion du sol, filtrer l’eau), apporter des bénéfices socio-économiques (espaces de loisirs, paysage, emplois). La forêt française nous rend de multiples services.

Code forestier

Ensemble des textes législatifs et réglementaires régissant la gestion, l’exploitation et la protection des forêts publiques et privées en France. (source : Code forestier, complété par d’autres réglementations)

Dégagement

Opération sylvicole qui consiste à éliminer la végétation concurrente (ronces, arbustes, herbes hautes) autour des jeunes plants. Cette intervention donne aux jeunes arbres l’espace et la lumière nécessaires pour se développer dans de bonnes conditions durant leurs premières années de croissance.

Dépressage

Coupe visant à réduire la densité d’un jeune peuplement forestier. En supprimant certains arbres, cette opération permet aux sujets restants de bénéficier de plus d’espace, de lumière et de ressources (eau, nutriments) pour mieux se développer.

Éclaircie (ou coupe d’éclaircie)

Intervention sylvicole la plus courante en forêt. Elle consiste à récolter sélectivement certains arbres pour favoriser la croissance des plus beaux sujets et réduire la concurrence entre eux. L’éclaircie améliore la qualité du bois produit, la santé générale du peuplement et facilite l’accès aux ressources (lumière, eau) pour les arbres conservés.

Coupe de régénération

Série de deux ou trois coupes successives qui récoltent progressivement les arbres matures et préparent le renouvellement naturel du peuplement forestier. La première et la deuxième coupe permettent à la lumière d’atteindre le sol, favorisant ainsi la germination des graines et la croissance des jeunes plants. La coupe définitive intervient une fois la régénération assurée.

Coupe sanitaire

Intervention d’urgence lorsqu’un massif forestier est attaqué par des insectes ravageurs, des maladies ou fragilisé par une tempête. Les arbres touchés sont coupés rapidement pour éviter la propagation du problème, protéger les bois de la dégradation et permettre le renouvellement sain du massif.

Coupe rase

Récolte de l’ensemble des arbres matures d’une parcelle pour relancer un nouveau cycle forestier. Contrairement aux idées reçues, la coupe rase n’est pas une destruction de la forêt mais une technique de gestion encadrée. Au-delà d’une surface fixée départementalement (généralement 1 hectare dans les massifs de plus de 4 hectares), le Code forestier impose une obligation légale stricte : assurer le renouvellement du couvert forestier dans les 5 ans, soit par plantation, soit par régénération naturelle (source : Légifrance – art. L124-6 du Code forestier). Les propriétaires qui enfreignent cette obligation s’exposent à de très lourdes sanctions financières.

Documents de gestion

Plan Simple de Gestion (PSG)

Document obligatoire pour les propriétés forestières privées d’un seul tenant d’une surface supérieure ou égale à 20 hectares, fixant les objectifs du propriétaire et détaillant le programme d’exploitation et de travaux pour une durée de 10 à 20 ans. (source : Code forestier)

Document d’aménagement forestier

Document de gestion obligatoire des forêts publiques (forêts domaniales et des collectivités) fixant les objectifs et les règles de gestion pour une durée de 15 à 20 ans, réalisé par l’Office National des Forêts. (source : Code forestier)

Code de Bonnes Pratiques Sylvicoles (CBPS)

Document de gestion élaboré dans chaque région par les délégations régionales du CNPF, et approuvé par le représentant de l’Etat dans ces régions. Il définit les ‘bonnes pratiques’ par grands types de peuplements, en conformité avec les schémas régionaux de gestion sylvicole. Le propriétaire privé qui adhère au CBPS pour sa forêt, doit y associer un programme de coupes et travaux. (source : CNPF)

Règlement Type de Gestion (RTG)

Document rédigé par un gestionnaire forestier (coopérative, expert forestier) qui définit les modalités d’exploitation de la forêt adaptées aux grands types de peuplements forestiers identifiés au niveau régional. Le propriétaire privé qui s’engage à faire gérer sa forêt conformément au RTG de son gestionnaire doit avoir signé un contrat de gestion avec celui-ci ou adhéré à la coopérative. (source : CNPF)

Types de peuplements et sylvicultures

Peuplement

Ensemble des arbres qui poussent sur une même zone de forêt. Un peuplement est relativement homogène dans ses caractéristiques, il peut être composé d’une ou plusieurs essences (peuplement pur ou mélangé), d’arbres du même âge ou d’âges différents (peuplement régulier ou irrégulier).

Futaie régulière

Peuplement forestier composé d’arbres de même classe d’âge, issus de plantation ou de régénération naturelle groupée, exploités ensemble à maturité. (source : CNPF)

Futaie irrégulière

Peuplement forestier composé d’arbres d’âges, de dimensions et de stades d’évolution variés, mélangés sur une même surface, dont l’exploitation est continue et sélective.

Taillis

Peuplement forestier composé de rejets issus de souches d’arbres coupés, exploité selon un cycle court généralement inférieur à 30 ans.

Mélange de futaie et de taillis :

Peuplement forestier mixte associant un étage inférieur de taillis (rejets de souche) et un étage supérieur de futaie (arbres de franc pied). Ces mélanges sont issus d’un ancien mode de gestion (le taillis sous futaie), où les deux étages étaient exploités selon des cycles différents. 

Essences et anatomie de l’arbre

Essence forestière

Espèce ou sous-espèce ou variété d’arbre (source : Vocabulaire forestier – AgroParisTech, CNPF-IDF, ONF). Chaque essence est caractérisée par des propriétés botaniques, écologiques et technologiques spécifiques.

Feuillus

Arbres appartenant à la classe des Angiospermes, caractérisés par des feuilles plates et généralement caduques, perdues annuellement à l’automne.

Résineux

Arbres appartenant à la classe des Gymnospermes, caractérisés par des feuilles en forme d’aiguilles ou d’écailles, et produisant de la résine. Majoritairement persistants (à feuillage permanent).

Écorce

Ensemble des tissus externes qui enveloppe le tronc, les branches et les racines. L’écorce protège l’arbre contre les agressions mécaniques, les variations climatiques, les maladies et certains insectes. Chaque essence possède une écorce caractéristique.

Cerne

Anneau visible quand on coupe un tronc en travers. Chaque cerne correspond à une année de croissance de l’arbre. En comptant les cernes, on peut déterminer l’âge exact de l’arbre.

Tempérés/tropicaux

Classification des bois selon leur climat d’origine. Les bois tempérés poussent dans les régions aux quatre saisons (chêne, hêtre). Les bois tropicaux viennent de zones chaudes et humides (teck, acajou).

Aubier

Partie jeune du bois, située sous l’écorce. Il correspond au bois fonctionnel actif assurant le transport de la sève brute des racines vers les feuilles. De couleur généralement claire, l’aubier est plus riche en eau et moins résistant que le duramen, vers lequel il évolue progressivement.

Duramen (bois de cœur)

Partie centrale du tronc, plus foncée et plus dense. Le duramen ne transporte plus de sève : il joue un rôle de soutien mécanique. C’est la partie la plus résistante et durable du bois, recherchée en construction et en menuiserie.

Grume

Tronc d’arbre coupé et ébranché, conservé dans sa plus grande longueur utile. La grume constitue la matière première de base de la filière bois. Elle est destinée à être transformée en scierie ou en industrie (sciage, déroulage, tranchage).

Billon

Un billon est une portion de grume.

Houppier

Ensemble des branches et du feuillage de l’arbre. Les feuilles captent la lumière du soleil pour réaliser la photosynthèse. La taille et la forme du houppier varient selon les essences, les conditions de croissance et la concurrence des arbres voisins.

Catégories de bois

Bois d’œuvre

Bois destiné à la construction, à la menuiserie ou à l’ameublement. Il provient de grumes de bonne qualité, généralement droites et de diamètre suffisant. Il représente la valorisation la plus noble du bois et est utilisé pour produire des éléments structuraux ou visibles tels que charpentes, parquets ou meubles.

Bois d’industrie

Bois destiné à la fabrication de panneaux, de pâte à papier ou de produits dérivés. Il provient de grumes de moindre qualité, de petits diamètres ainsi que des grosses branches.

Bois énergie

Bois destiné au chauffage et à la production d’énergie. Il provient des petits bois issus d’éclaircies, les branches, et les bois non valorisés autrement. Exemples : bûches, granulés, plaquettes forestières.

Merranderie

Bois destiné à la fabrication de tonneaux et de fûts. Issu de chênes de très haute qualité, ce bois doit être parfaitement droit et sans défaut. La merranderie française est reconnue mondialement pour le vieillissement des vins et spiritueux.

Transformation du bois

Première transformation

Première étape de transformation du bois après la forêt. Dans les scieries, la grume est écorcée, triée, sciée en planches, rabotée et séchée. Cette étape transforme le bois rond en produits semi-finis.

Seconde transformation

Transformation des produits sciés en produits finis destinés aux consommateurs. Exemples : éléments de charpentes, poteaux et poutres, fabrication de meubles, parquets, bardages, menuiseries, panneaux. C’est là que le bois prend sa forme finale.

Écorçage

Opération qui consiste à retirer l’écorce du tronc. Réalisée en scierie, cette étape prépare le bois pour le sciage. L’écorce retirée peut être valorisée en paillage ou en chauffage.

Sciage

Découpe de la grume en planches, poutres ou chevrons. Le scieur choisit comment découper le tronc pour obtenir le meilleur rendement et la meilleure qualité selon l’usage prévu.

Tranchage

Technique qui consiste à découper le bois en fines feuilles (placages). Ces feuilles d’environ 1 mm servent à habiller les meubles ou à fabriquer des panneaux contreplaqués. Le tranchage valorise les plus beaux bois.

Déroulage

Procédé consistant à produire une feuille continue de bois appelée placage, en faisant tourner un tronc (billon) contre une lame fixe. Cette technique permet d’obtenir des placages utilisés principalement pour la fabrication de panneaux contreplaqués et des emballages légers.

Séchage

Opération consistant à réduire progressivement la teneur en eau du bois. Il peut être naturel (à l’air libre) ou artificiel (en séchoir). Le séchage améliore la stabilité dimensionnelle du bois, limite les déformations et permet au bois de mieux résister aux champignons et aux insectes.

Collage

Assemblage de plusieurs pièces ou lamelles de bois à l’aide d’un adhésif. Cette technique est notamment utilisée pour fabriquer des éléments structuraux comme les poutres en bois lamellé-collé, les panneaux ou les menuiseries. Elle permet de réaliser des pièces de grandes dimensions et d’optimiser les performances mécaniques du bois grâce au tri et à l’assemblage contrôlé des éléments.

Semi-produits et produits

Poutre

Pièce de bois longue et épaisse utilisée en construction. Les poutres soutiennent les planchers et les toitures. Elles peuvent être massives (taillées dans un seul tronc) ou en lamellé-collé (assemblées).

Planche

Pièce de bois plate, plus large qu’épaisse. Issue du sciage, la planche sert à fabriquer des parquets, des meubles, des bardages ou des coffrages. Sa largeur varie généralement de 15 à 30 cm.

Chevron

Pièce de bois de petite section, utilisée en charpente. Les chevrons supportent la couverture du toit (tuiles, ardoises). Leurs dimensions standard facilitent leur utilisation sur les chantiers.

Panneau

Les panneaux à base de bois comprennent les panneaux structurels (comme le CLT ou le LVL), ainsi que les panneaux dérivés du bois. Parmi ces derniers, le contreplaqué est fabriqué à partir de placages issus des grumes, tandis que l’OSB et les panneaux de particules sont produits à partir de copeaux.

Certifications

PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification)

Label international qui garantit une gestion durable des forêts. PEFC est le premier système de certification forestière en France, par la surface. Il assure que le bois provient de forêts gérées de manière responsable, en respectant l’environnement, le social et l’économie.

FSC (Forest Stewardship Council)

Label international de gestion forestière responsable. FSC garantit que le bois est issu de forêts gérées durablement, en protégeant la biodiversité et les droits des populations locales. Ce système de certification est reconnu mondialement.

Carbone et environnement

Empreinte carbone

Bilan des émissions et captations de gaz à effet de serre générées par un produit, un process, une activité, une organisation, un territoire.

Les 3S de la forêt et du bois

Principe qui résume les trois contributions majeures de la forêt et du bois à la lutte contre le changement climatique : Séquestration du CO₂ par les arbres, Stockage du carbone dans les produits bois, Substitution de matériaux énergivores ou de produits fossiles par le bois. Ces trois actions combinées permettent d’éviter 20 à 25 % des émissions nationales de CO₂ en France. 

Séquestration

Captation du CO₂ présent dans l’atmosphère par les arbres grâce à la photosynthèse. En grandissant, les arbres absorbent le carbone et le transforment en bois. C’est la première étape du cycle vertueux de la forêt.

Stockage

Conservation du carbone capté par l’arbre dans les produits en bois. Une fois l’arbre récolté, le carbone reste emprisonné dans les poutres, les meubles ou les maisons pendant des décennies, voire des siècles. En France, chaque personne possède en moyenne 5 tonnes de CO₂ stockées sous forme de produits bois.

Substitution matière

Utilisation des produits bois en substitution de matériaux plus consommateurs de ressources et d’énergies fossiles permet de réduire les émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). (source : FCBA)

Substitution énergie

Le bois énergie se substitue aussi directement à l’utilisation d’énergies non renouvelables.

Ces substitutions matière et énergie correspondent à des économies définitives de matériaux et d’énergies fossiles. (source : FCBA)

Photosynthèse

Processus naturel par lequel les plantes transforment le CO₂ de l’air en matière vivante (bois, feuilles) grâce à la lumière du soleil et à l’eau. La photosynthèse libère de l’oxygène, indispensable à la vie sur Terre. C’est le mécanisme fondamental qui permet aux forêts de capter le carbone.

Puits de carbone

Réservoir (naturel ou artificiel) qui absorbe et stocke du carbone en circulation dans l’atmosphère. Les forêts sont des puits de carbone naturels : elles retirent le CO₂ de l’atmosphère et le stockent dans les arbres, la litière et le sol. En forêt gérée, le bois mûr est récolté et utilisé dans les produits bois, de sorte que la phase de dégradation du bois mort qui libère progressivement une grande partie du carbone dans l’atmosphère soit évitée. Une forêt qui pousse est un puits de carbone actif qui contribue à limiter le réchauffement climatique.

Biomatériaux

Matériaux d’origine biologique, renouvelables et souvent biodégradables. Le bois est le biomatériau par excellence : il pousse naturellement, stocke du carbone et peut être recyclé ou composté en fin de vie. Les biomatériaux sont des alternatives écologiques aux matériaux d’origine fossile.