Le matériau bois, un élément central de la Réglementation Thermique 2012

La réglementation thermique 2005 s’attaquait aux bâtiments trop polluants et gourmands en énergie. La RT 2012 prendra bientôt le relais, luttant plus que jamais contre les dépenses énergétiques inutiles. Une aubaine pour le bois, isolant thermique efficace de plus en plus prisé…

Noter cet article :

12345

Petit rappel sur la RT 2005

Le protocole de Kyoto visait à diminuer l'émission des gaz à effet de serre sur l'ensemble de la planète. Dans sa lignée, la RT 2005 s'est attaquée plus spécifiquement aux bâtiments, responsables de 25 % des diffusions de CO2 dans l'atmosphère.

Le but était, à l'horizon 2020, de diminuer de 40 % la consommation d'énergie destinée aux bâtiments chauffés au-dessus de 12 degrés (habitations, lieux de travail, lieux publics…). La RT 2005 s'appliquait à tous les bâtiments neufs, résidentiels ou non, dont le permis de construire avait été délivré après le 1er septembre 2006. Elle comportait quatre grands principes :

  • l'augmentation des performances énergétiques des bâtiments neufs de 15 %,
  • le renforcement des exigences concernant les équipements et les matériaux de construction,
  • l'élimination des ponts thermiques,
  • la valorisation des énergies renouvelables.

Pour être en accord avec la RT 2005, les surcoûts engendrés à la construction par ces nouvelles exigences devaient être amortis par une baisse sensible de la consommation d'énergie, bénéficiant ainsi aux occupants des lieux.

Sur cette lancée, un arrêté datant du 3 mai 2007 est rapidement venu compléter la RT 2005. Il portait sur les performances énergétiques des logements proposés à la location.

Son objectif final était de diviser par 4 les émissions de CO2 d'ici à 2050. Un  chiffre impressionnant, mais pas inaccessible, en prenant rapidement de bonnes habitudes dans la  construction des bâtiments neufs.  Par exemple, en privilégiant les constructions à ossature bois plutôt qu'en maçonnerie. En effet, le bois a la capacité d'absorber et de retenir les gaz à effets de serre. Les émissions de CO2 du bâtiment sont donc considérablement réduites.

RT 2012 : toujours plus haut dans la préservation de l'énergie

Dès 2011, l'arrêté du 3 mai 2007 est complété par les directives de la RT 2012. Celle-ci revoit ses exigences à la hausse en matière d'économie d'énergie, et se concentre tout particulièrement sur les bâtiments résidentiels et tertiaires neufs. Elle porte sur le chauffage, la climatisation, l'éclairage, la production d'eau chaude et d'autres postes consommateurs d'énergie tels que la ventilation, par exemple.

Cette nouvelle réglementation exige :

  • le traitement de tout bâtiment neuf à la perméabilité à l'air,
  • le traitement des ponts thermiques lors de la construction de bâtiments neufs,
  • un niveau d'efficacité énergétique minimale  concernant le chauffage, la climatisation et l'éclairage artificiel,
  • le recours aux énergies renouvelables (panneaux solaires, panneaux photovoltaïques, pompe à chaleur…).

Les pouvoirs publics apportent également leur pierre à l'édifice de la réglementation. Dans le souci de limiter les émissions de gaz à effets de serre et d'éviter le "gaspillage" d'énergie, ils souhaitent imposer un seuil de consommation énergétique équivalent à 50 kWh/m²/an. Cette valeur n'est donc plus calculée en fonction de la région et de l'altitude du projet, comme c'était le cas pour la RT 2005.

Dès 2010, une norme Très Haute Performance Energétique (THPE) est également instaurée. Celle-ci prévoit une diminution des consommations actuelles des bâtiments de 20 %.

La réglementation thermique 2012 va être mise en place en 2 temps. Elle s'applique :

  • aux  bâtiments publics et bâtiments tertiaires privés (tels que les immeubles de bureaux, les commerces et les bâtiments publics) dès le 1er janvier 2011,
  • à toutes les constructions résidentielles dès le 1er janvier 2013.

Privilégier le bois dans la construction facilitera la validation des critères attendus. Dans une maison en bois, les ponts thermiques sont traités automatiquement par la technique constructive qui isole le bâtiment par l'extérieur. Ceci a une incidence sur la température intérieure et donc sur la consommation de chauffage.

Aujourd'hui, le bois est particulièrement utilisé dans la construction de maisons passives et / ou à énergie positive. Grâce à ses capacités isolantes et son esthétisme, il est le matériau de prédilection des entrepreneurs en bâtiment spécialisés dans ce type d'habitat.

Economiser l'énergie avec les maisons passives

La maison passive vise à limiter au maximum la consommation d'énergie en conservant des températures confortables en hiver, comme en été. En effet, elle est conçue pour être pratiquement autonome quant à ses besoins en chauffage.

Cette norme de construction correspond au label "PassivHaus" et vient d'Allemagne. Il est accordé à une maison lorsque celle-ci demande moins de 15 kWh de chauffage/m²/an. En France, ce label est délivré par l'association "La Maison Passive France"  depuis 2008.

Une maison passive repose ainsi sur le principe de la surisolation (excellente isolation thermique),  et / ou mise sur les apports de chaleur naturels, tels que les panneaux solaires. Attention, contrairement à la maison à énergie positive, elle ne produit pas d'énergie.

Aujourd'hui, le bois est le matériau le plus utilisé pour les logements passifs. Et pour cause : il capte la chaleur et la retransmet à l'intérieur. Cela limite ainsi l'usage du chauffage.

Produire de l'énergie avec les bâtiments à énergie positive

On peut agir durablement sur l'environnement et aller au-delà de la RT 2012,  en construisant une maison dite "à énergie positive".

Le principe est simple : un tel bâtiment produit plus d'énergie qu'il n'en consomme.  Il a été entièrement conçu pour conserver et restituer l'énergie (chaleur, électricité). Sa construction repose sur les principes de la maison passive, auxquels s'ajoutent des équipements producteurs d'énergie : capteurs photovoltaïques, pompe à chaleur, sondes géothermiques…